
Quelqu'un disait: "La musique est si mal enseignée que je ne conseillerai certainement pas à un apprenti poète d'aller s'enterrer dans un conservatoire." Je savais que la musique est le lien nécessaire entre la littérature et le corps. Il me semblait que celui-ci avait un rôle à jouer dans mon futur d'écrivain. Seul le corps était capable d'exprimer ce que j'avais à dire de moi-même et des autres. Le corps peut occuper l'espace à la place de tout. Je l'ai donc soumis à l'exercice de la musique pour en tirer la leçon littéraire.
La question est de savoir si on continue d'appeler "littérature" ce qui la dépasse. Voici, à ma connaissance, la meilleure définition de la paresse dans l'optique particulière des arts: "La confusion dans le public est facile à expliquer: tout vient du désir d'obtenir quelque chose pour rien ou d'apprendre un art quelconque sans se fatiguer." À force d'observation, je suis en mesure de décrire toutes les variations de sens qui relient le désir de possession gratuite à la pratique sans effort de n'importe quel art, enseigné ou pas dans les Académies. Je sais exactement ce qui sépare le vol de ce type de possession et le plagiat de ce genre d'activité artistique.
Les artistes n'apprennent pas leur métier dans des conservatoires. Ils sont supposés se former au contact des réalités. Ils tirent leur matière de leur expérience de la vie. Une vision scatologique consisterait à considérer les textes comme les excréments de l'écrivain et la vie quotidienne comme sa seule nourriture. Leur art serait une espèce de métabolisme. C'est ce métabolisme qu'on appellerait "talent". Celui-ci serait la condition suffisante à la réussite éditoriale, universitaire, sectaire ou autre. En réaction contre cette pratique abusive de la propriété, d'autres écrivains prétendraient se distinguer des premiers, non pas en proposant une sorte d'antitalent, mais en changeant tout simplement de nourriture. Ce sont des consommateurs de matière onirique ou purement imaginaire. Leur problème réside dans le fait que leur imagination s'inspire de trop près de la réalité à quoi il leur faut bien concéder un minimum de temps. Mais quel que soit le type d'écrivain qu'on choisit d'être ou de lire, il n'est jamais question que de talent et de sa communication plus ou moins parfaite avec le public des lecteurs ou, si l'on est ce lecteur, avec le choix des distributeurs de prix. Je conçois assez clairement que le talent ait quelque chose à voir avec la littérature et je me demande si, quand on y renonce, on continue d'exercer ce beau métier dans des limites raisonnables.
Il y a belle lurette que je sais, les temps ne changeant que sur des points de détails, que ma prévision de travail littéraire est condamnée à ne susciter que l'incompréhension pointilleuse des clercs ou la sympathie distante des autres écrivains. Les uns ne m'ont jamais insulté, se contentant de hausser les épaules et de flatter la mienne de la façon la plus condescendante qui soit, les autres me laissent de temps en temps le témoignage d'une reconnaissance qui m'éloigne de leur milieu de croissance, un peu comme si, en me donnant raison, ils me confisquaient la fréquentation de leurs lieux de réunion.
C'est que mon travail n'a rien à voir avec les recherches appliquées des écrivains à la mode et de leurs épigones. Je ne m'adresse pas à un public amateur de talents divers. J'ai même l'impression de ne m'adresser à personne en particulier. J'ai conçu un travail et je m'efforce de l'achever. Je ne veux rien imposer mais je ne veux pas non plus qu'on s'imagine que je propose au lieu de me distinguer par un talent particulier. Ma traversée corporelle, comme le signale un de mes titres, n'a rien de temporel. Ma littérature, si on peut encore utiliser ce terme à propos de mes écrits, est un voyage, peut-être une aventure.
Les lieux que je décris n'existent pas, ni en réalité ni en rêve. Ils sont nés de la pratique constante de l'écriture. Je leur reconnais des traces d'autrui mais sans y attacher l'importance qu'on accorde aux géographies dans un souci d'itinéraire. On reconnaîtra une province de ce monde ou un détail pittoresque appartenant à un élément de la topographie ordinaire mais cette reconnaissance n'affectera pas les données du voyage. Les descriptions sont plutôt des états de l'émerveillement ou de l'angoisse, purs poèmes s'il faut à tout prix que la littérature cisèle la surface de verre du texte.
Les personnages naissent continuellement d'un même personnage qui fut à l'origine celui que je redoutais de devenir si la chance ne me souriait pas. Cet hermaphrodisme n'est pas une facilité rhétorique. Qui mieux que le personnage peut exprimer ce que le corps, en posture d'écrivain, est en train de subir de plaisir et d'outrage? Le risque est allégorique, mais j'ai tellement multiplié les possibilités d'existence qu'aucune traduction n'est possible sans au moins réduire mes intentions à une vision éthique. Or, je me passe de la morale comme de tout principe esthétique.
Je pense qu'on a fait le tour de la logique depuis longtemps. Appliquée au texte, celui-ci explorant les ressources de la littérature ou du voyage, elle a donné lieu à toutes les possibilités. L'incohérence, moins prometteuse, a encore de beaux jours devant elle. La plupart des écrivains choisissent d'être cohérents. Il n'est pas facile de jouer avec les défauts de cohérence du texte si l'on n'est pas coiffé d'un bonnet ou affublé d'une épée de pacotille. Les simulations, poussées à l'extrême, retournent avec leur auteur au théâtre de la vie. On félicite les polichinelles. Quelques fous ont d'ailleurs apporté de l'eau au moulin pour témoigner de leur sincérité. Des malheureux exagèrent quelquefois leur malheur. L'art d'écrire consiste souvent à augmenter les effets, pratique assez favorable à ceux qui au fond manquent de logique ou ne sont pas capables d'en tirer la leçon textuelle. Je ne me suis jamais posé la question littéraire en termes de compréhension. Ma manière, c'est l'extension.
Je ne crois pas à des lois capables de former le noyau actif du texte ou de l'œuvre. On trouve des principes, des évidences, des menaces, à la manière du travailleur manuel, artiste ou homme du commun. On choisit assez tôt d'exprimer par le texte une vision donnée comme monde intérieur, intérieur parce ce qu'il semble sortir de cette profondeur qui n'est peut-être qu'un fil conducteur sans rapport avec le magma que prétendent posséder en eux les artistes qui posent comme condition première leur différence de statut humain et donc social. J'ai toujours en tête, quand je pense à ce genre de situation, le rapport d'écrivain à femme exprimé par Joyce, comme si la femme était condamnée à demeurer de ce qu'elle a toujours été et que l'homme (ou la femme) impose à l'autre sa constitution de narrateur, de chanteur ou de penseur. La vie est trop sujette à caution pour servir de pare-feu. Je préfère m'en tenir à une position de guetteur, avec ce que cela suppose d'attente, certes, mais surtout de relativité. On ne part pas à la chasse à l'éléphant avec la 12 offerte par Papa le jour anniversaire tombant l'année de la communion solennelle.
Toute pensée repose sur une croyance ou sur l'impossibilité de ne pas croire à la relativité d'une donnée. À la pensée qui se géométrise fatalement, je préfère l'abstraction, sans renoncer à la chasse que m'ont enseignée nos maîtres. Le monde est une giclée qui nous éclabousse en pleine enfance. Il en reste des ambitions pour soi et pour les siens, quelquefois pour le monde lui-même. La première tentation est un essai allégorique. L'idée d'enfermer le monde dans un bocal pour que les autres puissent le contempler à travers les imperfections de transparences héritées de choses aussi bornées que la langue, la littérature, est sans doute la première qui vient à l'esprit quand le moment est si mal choisi d'annoncer qu'on a décidé de devenir écrivain. Annonce faite à soi-même d'abord, rarement avec autant de sincérité auprès des autres, leur farouche opposition est un avertissement. L'effort d'abstraction venait de cette lutte où l'allégorie servait de prétexte à l'analyse qui détectait en vous une ironie prometteuse de conflits sinon insurmontables du moins destructeurs et par conséquent mesurables. Que de temps passé encore à appliquer des lois apodictiques aux gouttes de sang versées dans ces inutiles mais inévitables conversations de tous les jours! Le prix fut exposé sur la porte de votre chambre. Vous n'entriez plus dans les lieux de votre chance sans calculer la croissance phénoménale de cette nouvelle existence. Il s'agissait bien de raconter une histoire qui ne fût pas seulement la vôtre.
À défaut de cohérence, ou faute de cette logique qui forge le bon sens, vous étiez à la recherche de l'équilibre, non pas comme un funambule dont l'existence est traversée de lois, mais comme un déséquilibré du vélo ou de l'esprit, un homme de spectacle dans les lieux partagés d'une existence soumise à la confluence de la gravité et de la circularité. Vous êtes né de ce vortex. Il y a donc en vous un enfant qui continue de grandir en fonction des autres et un personnage exclu de l'exercice du monde. Vous êtes mal à l'aise dans cette double apparence, d'autant que votre nature vous inspire des conversations taxées d'obscurité dans le meilleur des cas, de bêtise si on est gentil avec vous. Qu'est-ce qui pourrait vous rendre crédible, au fond? Vous rejetiez cette question, vous en envisagez aujourd'hui le contournement adroit. Qu'est-ce qui a changé en vous à ce point?
C'est que vous n'êtes plus aussi éloigné de la fin, mot terrible non pas relativement aux autres, mais seulement au fait que l'inachèvement, donné dès le départ comme l'hypothèse la plus probable, atteint aujourd'hui le paroxysme de son évidence. Que l'existence soit un échec pour tout le monde et que le bonheur soit un moment réservé au seul chasseur abstrait (dans votre idée), vous n'en discutez même plus avec vous-même au fond de ces textes interminables et linéaires que le matin, le plus souvent, inspire à votre esprit fatigué autant par le sommeil que par l'éveil. Ce troisième état de vous-même, si instable, se réduit à un instant dont il faut ménager les plongées profondes et signaler les nages de surface. Vous avez acquis ce métier, que vous le vouliez ou non. Mais qu'en est-il de cette œuvre qui vous explique mieux que vos adaptations? Vous en connaissez l'unité de mesure, les dimensions, la durée. Vos personnages se précisent sans que vous ayez une seule fois cédé à la tentation du portrait et pire, à la ressemblance. Vos lieux trouvent le graphisme sans que vous les ayez dessinés. Le temps a laissé la place à ce corps unique et variable jusqu'à l'anéantissement. Plus loin, sensiblement plus vite que la marche du promeneur, l'écriture n'a rien donné à la langue et tout à l'imagination.
C'est un peu comme se poser cette question: "Je hais les rois, mais sont-ils inutiles?" Question relative à une sensation d'inclusion forcée, réalité sans doute mais elle est doublée d'une autre exactitude que vous ne parvenez pas à imposer aux autres. Ne cherchez pas vos excuses dans les pratiques frauduleuses de l'édition. Vous n'êtes pas après tout à la recherche d'une telle quantité de lecteurs. Ne seriez-vous pas en train de reconsidérer le terrain de vos aventures? Vous n'osez pas prononcer le mot "trahison". L'Enfer commençait plutôt par l'apparition d'une panthère. Il est légitime de se poser la question et nécessaire de ne pas y répondre. Pourtant, ce livre est une réponse. Jadis, deux ou trois envois à des éditeurs éclairés leur avaient inspiré de gentilles réponses qui prouvaient au moins qu'ils avaient lu le manuscrit soumis à leur connaissance de la librairie. Ma seule motivation à ce moment était la mise en mouvement d'une loterie capable de me rapporter un peu d'argent. Il n'a pas fallu plus d'envois pour me convaincre que je n'en gagnerai pas de cette manière. De plus, on me demandait des efforts d'adaptations, me soumettant même quelques idées directrices. J'ai abandonné cette idée fausse des rois. Maintenant, l'adaptation ne consisterait plus à rapprocher le texte de ceux qui ont fait la preuve de leur efficacité commerciale, mais de réduire l'œuvre à quelques principes que des extraits judicieusement choisis auraient pour mission d'évoquer avec le plus de netteté possible, voire une certaine cohérence, une cohérence de façade consistant à donner une idée exacte du vertige qui affecte tout le texte. Ne prenez-vous pas ainsi le risque de condamner le lecteur à ne pas lire le texte original si l'exposé ne lui inspire pas de continuer ou si la confusion entretenue malgré les efforts de clarification le décourage finalement?
La question n'est pas là. Quand un auteur jalonne sa recherche de livres, il trouve naturellement le chemin de l'édition. Écrivant des livres dans la perspective de les associer à d'autres dont ils sont le complément, il ne voit pas d'inconvénient à arrondir les angles du texte ou à en exagérer la portée si c'est plutôt la confession qui est à la mode. La suite des livres forme une courbe qu'une décision éditoriale peut briser si le besoin s'en fait sentir, selon le principe que chacun a droit de retourner sa chemise quand bon lui semble. De cassure en cassure, on peut fonder l'oubli des modes passées auxquelles une partie de la "production" tient encore par le fil de la nostalgie légitime des plus anciens lecteurs. Une "nouvelle manière" apparaît aussitôt comme une innovation, non pas par rapport aux antécédents mais respectivement à ce qui se produit en ce moment. On travaille le présent avec un acharnement de boutiquier connaisseur de sa rue. La réussite est si rare (si réussir c'est être publié) que son tintouin couvre les cris de désespoir des naufragés. On est peut-être à deux doigts de la littérature, mais si on n'y est pas, c'est pour la raison claire que ce n'est pas du tout ce qu'on a tenté de pénétrer. On apprend très vite à tirer les choses par les cheveux et à couper ceux-ci en quatre. Difficile alors de distinguer le vrai du faux. On ne peut plus ouvrir un livre sans tomber sur la publicité de son auteur. Des personnages plats se présentent sur l'écran, animés par le regard des autres, proches de cette perfection qui consiste à enlever l'approbation et à en tirer un profit pécuniaire ou des avantages sociaux. Des systèmes de mise en place du livre sur le marché ne se cachent même plus, on n'y prête plus guère attention. Les services rendus à la culture ne sont pas moins payants, d'autant qu'une nouvelle vision de la diversité se fait jour en ce début de siècle à guerres technologiques. Voilà en gros à quoi nous avons échappé en adoptant une autre posture face à l'exigence d'écrire, obscur devoir qui ne figure dans aucun code tant les projets de moralisation en sont éloignés.
LES JOURS n'est pas "divisé" en autant de textes que d'intentions ou de proies. Appartenant au genre "langage" et à l'espèce "langue" qui laisse présager une "littérature", ce texte s'accroît de sa propre substance, par augmentation de l'unité et de ses variations. Sur le repère des pages, on reconnaît aisément les dimensions d'un texte comme les autres, d'autant que les "genres" s'y entrecroisent dans un tournoiement qui ne peut être que celui d'un roman. Aucun "livre" ne s'en sépare, ou si l'on tente de réduire une partie du texte à son isolement, les questions d'obscurités reviennent au premier plan et les premières pages, un instant prometteuses, perdent le doux sens qu'on leur avait un peu vite attribué. Je connais cette critique et c'est pour ne plus en subir l'outrage que je ne propose plus de "livres" mais des "extraits", qu'on pourrait aussi bien sous-intituler "écrits". Or, personne ne publie des "extraits", si bien écrits qu'ils soient, si prometteurs qu'on les ressente à la lecture de "débuts" qui flattent l'esprit reconnaisseur de bonnes trouvailles. À ce stade, dans cet état, l'œuvre s'apparente au brouillon, elle est victime de sa volubilité, elle ne propose que son existence quand c'est par des détails que les individus se confondent en posture d'amour ou de reconnaissance. La matière ne connaît d'interruptions que celles qui sont imposées par la vie biologique et les contraintes sociales. On est dans un discours et non pas dans un texte. Jusque-là, rien à dire aux autres. Pourtant, il s'agit d'un roman et, pour envenimer la conversation, celui-ci se complique d'un poème. Ce n'est pas une œuvre "totale", ce n'est même que la réalité tronquée par les limites du talent et les vanités du génie. Si la littérature existe, je sens bien que c'est "à ce moment", au moment non pas de divulguer un extrait mais de le situer dans l'œuvre par le truchement de l'explication de textes. J'ignore si les "livres" que je propose finalement appartiennent à la littérature. Je sais que la littérature est un instant saisi entre l'épanchement du texte et la fabrication des livres. En franchissant cet écart, je traverse toute la dimension littéraire. Le résultat n'en demeure pas moins assez éloigné de l'idée qu'on se fait généralement de la littérature.
Cependant, l'œuvre est loin d'être mise en conserve par cette opération de l'esprit. La transformation, si la littérature est transformation plus que condensation, n'affecte pour l'instant qu'une petite partie de l'œuvre, le chantier littéraire associé à l'activité textuelle représentant encore la majeure partie du temps qui reste à vivre. La nécessité de s'expliquer est devenue, respectivement à la tentation littéraire, une obsession. J'ai pensé successivement à un digest, à une anthologie et finalement, j'ai opté pour le "portable", volume qu'on porte sur soi dans l'intention de le parcourir pour se faire une idée ce que propose l'auteur et à qui il le propose. La construction d'un pareil ouvrage exige des sacrifices et je n'y ai pas manqué. Conscient de la difficulté, je n'ai pas fait là œuvre littéraire. Les "morceaux" sont choisis provisoirement. Les commentaires glissent sur le risque de simplification et surtout sur celui de condamner le lecteur à une lecture symbolique (médicale). Le "roman" s'y insinue pourtant. On se demande si je ne ferai pas mieux de retravailler ce texte même au lieu de persister dans le transvasement du lit du texte dans le cratère littéraire. Mais, on en jugera plus loin, le sacrifice serait cette fois trop grand. Il n'en reste pas moins que cet ouvrage est perfectible et même, il sera affecté à son heure par les changements du texte et le destin des livres. Je n'en fais pas le milieu de ma condition mais plutôt une tangente à ce cercle trop parfait que la littérature me conseille de tracer en marge des autres cercles.
Et notre époque dans tout ça? Elle se trouve dans l'angoisse des objets. Mais ce sont là, encore, de purs poèmes. Je ne mets pas en scène des personnages dans un décor et une situation donnés. J'interpose des objets et ce sont justement ceux que mon époque me renvoie. Je touche à l'histoire par le contact physique avec les objets. Ce que j'en sais d'avance se trouve transformé par l'usage que j'en fais en en parlant. Mais je ne voudrais pas non plus qu'on me croie sur le point de leur donner vie. Ils occupent plus de place que l'être. Je les dresse en pleine nature.
On se demandera peut-être quel a été mon critère de choix des textes. J'en reviens ainsi à la question musicale. Mes textes sont écrits pour être dits, c’est-à-dire pour être lus par "quelqu'un". Le lieu privilégié n'est pas une bibliothèque. Si ce n'est pas un théâtre, alors c'est le cercle formé par des auditeurs. Je me suis toujours demandé qui pouvait bien être ce personnage du narrateur. Peut-être moi-même dans une projection cette fois positive. Mais le texte tout entier dément cette existence future. Il impose plutôt un double capable d'interrompre à tout moment, par sa hargne, le texte que j'intériorise au lieu de le donner à lire dans une forme reconnaissable.
Patrick CINTAS
préface du Portable
2005
publié par Patrick CINTAS Le chasseur abstrait
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