FRAGMENTS D'UNE CONVERSATION SANS PERSONNAGES

de Patrick CINTAS

www.lechasseurabstrait.com/lesjours

Texte intégral
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ISBN: 84-930999-6-1

 

 

 

à Valérie, ces vers de jeunesse.

 

 

 

mais Tydée gronde déjà à la Porte Poitride

ne franchis pas le gué de l'Isménos

les entrailles des victimes ne sont pas favorables

 

Et Tydée, furieux, qui brûle de combattre

crie comme le serpent qui siffle à l'heure du midi

au promontoire de Cadmée

accablant d'outrages le savant devin

fils d'Oïclé, et l'accuse de flatter, lâchement

lâchement, la mort et le combat, in memoriam

 

Poussant ces cris secoue 3 aigrettes noires

crinière de son casque, et sous son bouclier

cymbalum, cuivre sonnant l'épouvante

 

Et puis ton propre frère o Enyo latinus bellona

pardonne à Tirésias d'avoir tenté les cœurs

une Sœur, o Lykéios, fille de l'Hadès


 

 

 

 

 

 

trahi, trahi, trahi,

des jours et des jours

et des nuits et des nuits

o labyrinthe

o cité trahi par ce dédale, sentence

et la déesse qui a vaincu par Bab Ilo

l'œil de nacre de sa face

terreuse

elle est presque nue sur les gradins

o déesse ouvre ma lèvre

et ma bouche célébrera tes louanges

célébrera l'âge malgré les reculs

ouvre mes lèvres

par le baiser invite

et je parlerai de ton nom au nom

de tous les cœurs et noms

cachons, cachons nos vieilles faces ensoleillées

car l'éthique même est

de paraître avec la nuit

 

 

 

 

 

 

Embarquez valeureux matelots tous sur le pont du Bonavir

aspirez expirez la mer, mat'lot, c'est la seule santé

prédicant c'nabot-là!

 

o sang de l'agneau o anneau de sang

purifie ma pudeur outragée

épargne-moi le sacrilège

pardonne à mes hontes d'enfant

rejaillis dans le ventre des mers

Repose en paix, vieux mort!

 

 

 

 

 

 

sur le midi juste sonnant le cri de la mouette oh oui

imite pour moi le cri de la mouette

je veux me pendre à ton image

moment où le poème se brise

l'anse dans une main

sa main douce comme par le chant élu

 

dis-moi o vagabonde cornée o vents o marées o retours

 

 

 

 

 

 

combien de masturbations secrètes as-tu suscitées

o chère longue et amère littérature

et bien avant que de l'être de rut

et de l'être du coït, même, même, du plaisir

et tout poète digne de ce nom a dit:

"cela commence avec moi

et ceci n'est qu'une fin temporelle"

 

m'aime m'aime et qui conjugue

là défilèrent les paquets d'algues océanes

les jeux de l'oiseau et du crabe

les mêmes thèmes qu'ailleurs, asilium

et le rêve et la réalité jouant par l'ombre

les interférences du cœur et du cœur

le courbe définit le linéaire

 

t'aime t'aime sur quel mode

comme par le corail suspendu à ta bouche

 

 

 

 

 

 

car c'est une poésie de pure contemplation

une civilisation par l'inceste innove ma pensée au lieu

en instance de rencontre avec l'autre

en instance de rencontre par suite

précède-moi d'un cœur plus mûr

par les neiges autrefois de saison

par l'échine poudreuse du Graal

par la mosaïque entamée en 1454 cinq siècles durant

par les berges mauves où a bu un troupeau de moutons

il dit "que le pivot soit aussi le plus juste milieu"

invente-moi un cœur

les ruines romaines dans une mare de sang

 

 

 

 

 

 

dis joli bedon eh gloire du nœud

arrange un cœur très fol du roi

le destin y pourvoira du fond

étale la terza rima'n luz de culo ç'amour

eh lit dans le journal des strophes quotidiennes puis jaspine

sacré filou l'caron gésant par-hici

pi s'aller quérir le gral tout bollé

quand c'est qu'il est gallé damoiselle

un cœur qu'on stèle avecque escript

 

 

 

 

 

 

le passé littéraire

poème opaque sur le verre dépoli des jours à venir

mort prononcée de haute voix

et puis la lecture épiphanique

ce qui semble

 

porteuse selon ce qui se présente

des lustres non rêvés au feu de soi

ne sachant où commence où finit

le premier jour que l'heure envisage

ce que personne ne cachera

ce qui meurt au parler d'une autre dynastie de pensée

 

voulait que la grimace importune le sang

 

voulait que tu ne sois pas lésé du sang

 

o grâces pleines de grâces dites au passé

elle voulait que le mot absente le présent

argumente le futur

un retour aux vertus de l'âge

 

 

 

 

 

 

là-bas sous les arbres nus de l'îlot

doucement elle déchire ce qui l'entoure

doucement elle s'isole avec son sexe

doucement elle se prépare à traverser la rivière

et lentement elle nage vers l'autre rive

lentement approche l'autre rive

lentement l'eau infiltre le poumon

cri même des ronds dans l'eau où s'éparpille le visage

et il la regarda traverser la rivière

toute nue et blanche comme le sable

et petite comme les dunes de sable

et toute lumière comme les pyramides

 

 

 

 

 

 

o langage mère de tous les vertiges

vertige de celui qui tombe

vertige de celui qui s'élève

vertige de l'horizontale et de la verticale

vertige de l'oblique

o vertige des

vertiges

 

nul n'est à point dans la lettre conviée à signifier

 

 

 

 

 

 

on a mis le mort dans le zinc soudé le zinc

et le zinc dans le bois cloué le bois

et le bois dans la terre fermé la terre

on est sorti du cimetière avec les chapeaux dans les mains

on a travaillé du chapeau en tapant des mains

la fille du B.A. a dansé sur nos chapeaux

et nos chapeaux ont dansé sur nos têtes

ils ont dansé dans la robe perlée d'une catin

leur pas était démesuré au-delà de toute main tendue

P't'être que Zeus s'ra pas furieux contre nous!

 

 

 

 

 

 

le serviteur du soleil coupe le chant

 

des réserves de lions blancs et ors

l'horizon per naturam

envisagé dans l'optique de somptueuses

verticalités

 

sur le haut de l'escalier la reine nue

des chiens contre les érections immobiles

 

 

 

 

 

 

et le roi entre dans le lit royal

et la reine repose auprès de lui

et le roi bande dans le lit royal

et la reine repose auprès d'elle

et le roi pénètre dans la reine

et la reine lui donne son cul

et le roi à écaille de coquillage

et la reine comme une virgule votive

et le roi lime dans l'anus in memoriam

et la reine éloigne la mémoire

 

 

 

 

 

 

"oui

ils nous fouettent jusqu'au sang

ils nous bousculent dans ses travaux

mais o mon dieu que je suis heureuse

de participer de la présence de cet édifice

même si leur dieu n'est pas le nôtre

il y a cet immense travail qui compte

je porte en moi tout l'orgueil de Bab Ilo"

et pendant ce temps, qu'elle parlait,

j'ai rêvé être sa douce lèvre

sa lèvre au son de verre étiré

 

 

 

 

 

 

il dit: "non"

 

il dit:

"mes frères sont fils de la boue

et la boue m'est chère

par l'eau et par la terre

le pilier et l'autre pilier"

 

des putains sur les bûchers

 

l'esprit est une secousse des éléments près de l'abîme

voici le temps des bâtisseurs et des esclaves

voici le temps qui précède le tau

voici l'amour rectangulaire

 

et ils ont beau brûler les putains de la ville

jamais

par-delà les bûchers

par-delà la mort violente

par-delà les érections forcenées

leur lèvre ne prononcera le mot juste

 

 

 

 

 

 

"n'appelle pas les chèvres"

hurle Tytire semper recubans

n'appelle pas les chèvres

et n'appelle pas le bouc

ne crache pas dans ton pipeau

le lion large patte traîne dans l'arène

le lion museau gris reconnaissant

use le sable blanc traîne le pivot

 

large patte et museau gris Graymalkin

 

 

 

 

 

 

mon âme laisse tomber de moites raideurs

 

les trois ailes du rêve

les deux ailes du réveil

 

elle

 

l'herbe a pénétré l'hypotypose

l'herbe renverse l'enthymème

l'herbe est la sodomie du repos

l'herbe cache un discours héroïque

 

 

 

 

 

 

la campagne maintenant lointaine

un arbre au chapeau de soleil

l'ombre verticalise la lumière

soutien-gorge sur la lampe-luciole

ce nœud de distances et de lointaines correspondances

dans ces sourdes désertions du cœur

 

 

 

 

 

 

Capanée contre la porte d'Électre

Polyphonte et Artémis est-ce stupra

qu'elle voulait dire "n'isole pas"

 

le guerrier semé Mégaréus fils de Créon

pour défendre la porte Néiste

la phalange d'Etéoclos au casque renversé

Pallus Onka voisin de la porte d'Athéna

et le vaillant fils d'Oïnops

Hyperbios

 

Typhon et Zeus contre la porte

par la bouche d'un Hyppomédon plein d'Arés

la porte Borée près du tombeau d'Amphion

Actor contre Parthénoppée Homolois

et Amphiaraos et le portier inhospitalier

le puissant Lasthénos

croisent le cuivre

 

des sorcières et un bouc de belle taille

 

 

 

 

 

 

il dit: "o toi rieuse et passante rêveuse

marche au-delà de l'écume nacrée

la silice inaugure le sol passées les amours

l'algue océane

mouette ciselée

te souvienne ce que le vers énumère dans le sable"

hantise suivie sur le contour, dit-il

de ce côté de la mer elle isole toujours

 

 

 

 

 

 

sais-tu qu'il chante

et que son désespoir a libéré les intermittences

a libéré le cœur

et lire ceci:

"alors le vieux grogna

je vous ai déjà dit de me foutre le camp

et p't'être que quand vous s'rez plus là

j'pourrais manger mon pain en paix

alors ils sortirent de là où il mourait

et il se trancha les veines au poignet"

 

qu'il chante

et que son désespoir ne chante pas

ne se chante pas

qu'il chantera encore

 

alors il vit le vieux couché sur son lit

le poignet sur le ventre

sang

l'œil gris

 

"I's'peut qu'j'ai eu tort mais pas moi" qu'il dit

et au moins c'était la seule chose à dire

vu les circonstances

et vu la paix acquise dans le symbole et la fatalité

car la race qui est ton sang est un signe réducteur

 

"mais si j'ai eu tort m'en veux pas"

 

lire ceci, plutôt ceci:

tu m'oublieras ainsi que ton nom o porteur du Présent

 

 

 

 

 

 

la mort

rien que l'atroce anesthésie

du sens de la vie et de l'élément

rien que la dernière fois

quand j'ai parcouru le chemin à l'envers

jour des jours

où est inscrit ce qui ne sera pas dit:

la dernière usure

 

vienne à moi la conscience de mon cri

le sec et clair poumon jeté en pâture aux chiens d'Égypte

et tombe la première pyramide ousque je m'en vais

soleils chauds et noirs et pâle rosée de l'inattendu

 

 

 

 

 

 

quels étaient les morts gisants par ce sol

évoqués plus loin dans la pierre noire

des pensées et de l'infortune au cœur de sel

 

un serpent entre les tombes repère le présent

vis-à-vis des chemins bordés de scories mentales

la voix terne et taciturne toujours de l'ancolie

un serpent blanc

et le vent girant sur le tour

les hommes futurs y laboureront peut-être

l'enfer non pas le mal non pas dieu

surprises entre les arbres nus s'élevant haut dans les jours

celui que l'infortune a fait naître sur ces rives calcaires

le son de ta voix approche de la réalité

 

 

 

 

 

 

au pied du ciel dansantes

les phases diverses du passage de la vie à la mort

transes certes

mais pourquoi ce sang que mesure la fin du jour

 

souvienne non avec la mémoire juste dans le rêve

ce qui préside à la beauté

au sens du cri

que l'absence de poumon retient ou déloge

et répercute après l'heure

 

 

 

 

 

 

même au soir que désole l'ombre

entre le sommeil et l'insomnie

s'y vautre le vis-à-vis des jours avec les nuits

regards du dehors

vers un intérieur qui s'interpose

où le langage rencontre le sang

 

 

 

 

 

 

les visages de chaque œil en tas

au creux de la bobèche inouïe

la transe où l'ennui n'est pas mort

d'avoir recueilli toute plainte et toute consolation

désertant l'optique d'un renouveau là-bas

redescendu l'oiseau dans ses mains

ventre de feu que fornique le pleur

 

 

 

 

 

 

et H.D. se demandait

où ils voulaient en venir

avec leurs "assertions"

 

et toute la nuit

les putains s'agitèrent dans les couloirs

manque d'éclairage sur tout ceci

un temps peut-être nul

par rapport à l'augmentation du prix de l'amour

et toute la nuit toute la nuit

à écouter les poux courir dans tes cheveux

 

 

 

 

 

 

là-bas et c'est ailleurs

plus loin que le regard ne porte

au-delà de tes yeux

semblable sœur dorée par ces rayons

la ligne vague du soleil

comme une bouche au vocatif lointain

ni demeure un reste de ce qui reste

s'échange et vocalise haut diverses naissances

la mer abrupte qui roucoule

comme au persil peut-être

restes d'un nom isolé

parmi chacune de toutes les formes d'algues connues ici

par un regard qui regarde si c'est lui

ce qui compose l'auréole

et limite d'un cercle son nom qui l'adjective

et le dénombre en sa saison son temps

s'il est encore temps de démarrer le pas d'ici

fondre dans la dernière écume

juste limite

et mobile seulement vis-à-vis du pas qui s'y risque

de donner dans ce mouvement où il est absence

porteur du feu qui ne s'en sépare pas

aussitôt que l'air l'embrase et l'immole

sur la terre porteuse de l'eau purificatrice

 

 

 

 

 

 

par cette rive aux rocs lointains

loin les arbres du dernier séjour

si lointaine blanche sous le vent qui te porte

tu es mesuré à la mesure des vagues

contre son ventre se courbant

et nul n'a ouï de ta présence tout l'or

comme un écho mais regardé

si l'œil s'y attarde en ce moment arable

et nul n'est plus solitaire que toi

ton ombre revenue de si loin là-bas

est-ce à la morsure de l'herbe d'oubli

peut-être que s'y résout son opaque conflit

as-tu marché assez longtemps sur cette terre

as-tu besoin maintenant d'un repos nouveau

ou bien la mer encore a-t-elle demain

assez de temps dans son écume légère

est-ce à cette dent douce que ton esprit murmure

mais nul n'aura trouvé assez de temps

nul n'aura eu le temps de partager

le pain de ton blé

le vin de ta vigne

et ici l'herbe est fraîche

d'un premier rayon sur ta lèvre

qui n'a pas trouvé le sommeil

parlant toute la nuit à ce vague paysage

où la barque encore converse avec le vent

est-il temps maintenant

est-ce la pénultième toujours

parmi les mortes qui ont peuplé ton sexe

 

 

 

 

 

 

charmé d'entendre

de si justes propos

mais pourquoi les ensevelir

sous ce brusque silence

 

n'est-il que de t'étreindre

avec ma voix de luciole

que dérive toute crainte

de ne te voir plus paraître

 

le silence va-t-il nous dire

le point de ton cri

et la hauteur de la déchirure

 

se penche le verbe aimer

sur le participe qui l'adjective

 

où rencontre-t-on la voix

ton silence se charge d'autres silences

 

 

 

 

 

 

me voici proche des édifices

de la distance et des lieux

du désespoir et des regrets

des trahisons et des sentences

des fuites et des refuges

 

mesure ton langage je dis: mesure-le,

car tu as pénétré mes monuments et mes dieux

le soleil me brûle les poumons

mesure le rayon la clarté

je dis mesure la pierre

car en ces lieux la folie se structure

selon les présages et puis même

tu es mesuré dans les calculs

des vitraux et des fresques

 

mesure ceci

qui est de clore toute parole dans le poumon

en vue d'un cri sur le seuil ensoleillé de ma maison

 

 

 

 

 

 

douce au sampan de tes yeux

le vers horizontal fumigène

dans la transe vers quelque étoile

s'exalte le désir

 

défile-t-elle devant mes propres yeux

connaît ceci,

que l'onde modifie la verticalité des surfaces

idée fixe

relevée d'un cran

après que la septième retient une algue mauve

 

la dame la plus belle stagne à l'orient

 

 

 

 

 

 

depuis que le vent

déchire le mur

nuages cloutés sur les tuiles

dès que la pluie écarte

des privilèges de rosée

 

le temps est exact

mêlée toute passante à l'hommage rendu

le symbole au peuple insulaire

la tour qui purule à l'horizon

chaste comme l'écho

et réduite à peu de choses

près du pont tendu

entre le rêve et la réalité

mais que le temps renversât

la vapeur au gré des lignes vibratoires

 

des tombes pleurées plus que leurs morts

ses morts oubliés comme page de mémoire

iras-tu donc pleurer les tombes disparues avec le jour

la nuit préside au rêve

la mort instaure la pierre plus que la mémoire

 

 

 

 

 

 

au gré même du temps dis

"mémoire est hantise du jour"

la nuit exhume le précédent

sous forme de minerai

après l'histoire

après la consolation

de n'avoir pas d'attaches

au port de l'inquiétude

d'errer sur la vague instable de l'espérance

guérir d'un côté ou de l'autre de la mort

te souvienne les vieux refrains où calcine l'herbe

la maison du passage du bleu au rêve o Médée

ya aussi le dehors sacré de l'oubli feu de conscience

la tour blanche de pierre blanche

entre les arbres modèle le nu

pour changer le visage de l'instant

les jeux splendides que se joue le langage

au midi examine un corps nu

sous les treilles du vent que prolonge le soleil

l'herbe moite au gré du symbole

d'un ventre le passé souverain

par le jeu des divers styles utilisés

en vue de rendre le regard à l'œil même des choses

un sein contre la pierre imagée du sexe

pense y installer le cœur exploré plus que l'esprit

un morceau de la lèvre posée sur toi

 

 

 

 

 

 

nul n'y participe de vrai

hors la descente le long des fleuves peuplés,

sur les rives arborées,

de maisons plus ou moins châteaux

selon que l'œil s'y attarde ou prospère

en d'autres lieux où les rôles conférés au langage

sont joués par des habitantes désolées

j'y courbe le métal de chants nouveaux

autant que cela m'implique vis-à-vis du pénultième moment

en quoi Anticlès n'aura pas à demander grâce au lion

s'il est vrai que celui-ci le reconnaît

pour maître d'un moment passé dans les coulisses

 

 

 

 

 

 

les poux charmants

qui peuplent ton esprit

vont-ils danser aussi

dans les lieux du cœur

 

voici mille chansons

où le désir s'insère

et fausse les valeurs

 

mon vin pique le sens

d'avoir trop longtemps

mûri dans les caves

 

est-il soir plus vaste

que ce soir sans vin

où le corps oublie

de fêter les poux

qui dansent dans son cœur

 

o poux en ribote

assis sur mon cœur

n'ayez plus peur de chanter

que l'esprit m'a déserté

 

 

 

 

 

 

vestiges par l'attente d'un moment

les yeux d'une habitante

découlent des maisons seules

un peu de haut cabrée en feu qui juste expire

elle ripaille

et son cœur est celui d'une morte qu'on aima demain

le dernier regard que rature le visage

s'éternise avec l'image d'un plus pur recommencement

une rosée dans l'écume

 

 

 

 

 

 

l'espace propose

où le temps utérine

le cri est long

le roseau s'y console

de peine par le remords

ajoute à la décomposition des premières

l'onde rutile dans l'algue

signe la réduction de son être

le temps y commue d'autres épiphanies

puis le rêve déplace les jalousies

du sens vis-à-vis de la nudité

la presque métamorphose de soi

exaspère d'anciennes formes

où l'historicité de chaque branche

exhibe une blessure de guerre

 

 

 

 

 

 

le sang où l'interne figure le lointain

passée la saison sous les traits de Minerve

des arbres tombés au pied de la maison

mon navire chahute les vagues légères

 

sais-tu Mentor braquer le gouvernail

 

allons mat'lot la coque est suave

aussi suave que le percot

de l'ancestrale madre qui règne sur nos cœurs

 

dans les branchages

les lions sont-ils plus dorés que les rayons du soleil

un pétale étale sa corolle de sens

iras-tu nager dans ces mers de sang

danses-tu sur les violons du ménétrier

il fut à l'origine de toute architecture

 

 

 

 

 

 

le plus sage des princes

eut-il l'amour de ces parages exsangues

pour patrie de son cœur

o sage quand la rosée perle à son menton

 

vois le sang défiler dans la nuit

tu es l'ombre du côté infernal de la mer

juste assez vénéré dans l'osmose des couches terrestres

 

les larmes sont-elles plus douces dans ton palais

o roi vaincu l'œil est-il plus sec que le sable

 

 

 

 

 

 

m'éloigne la saison

que l'hiver para

 

au plus triste des chants

j'ajoute la lenteur de son visage

 

l'ascendance du soleil

écarte le plus chaud des regrets

 

o sœur à tes pieds veloutés

je dépose ce vase d'écume

 

ne ris pas douce villageoise

 

tes pas prononcent quelque aurore

et tu verras en ouvrant l'œil

la table ouverte où dansent les mangeurs de lotus

 

 

 

 

 

 

chaque heure est un présage de mots d'esprit

pour l'heure qui annonce la précédente

 

les mots sont l'écorce de soi

 

exsangue aussi peu familier que la solitude

 

l'urne est pleine de tout

ce qui réclame un sens à la parole

plus qu'au  poète

 

une heure est une heure pleine d'Hadès

 

 

 

 

 

 

ya au fond de mon vase

enchevêtrée ma mythologie

recrée l'indicible

ou ce qui sera révélé plus tard

quand la langue aura purifié le dire

même les existences d'amertume redites

la personnalité

non l'entière approche des monuments sacrés

ou en forme d'abîme

comme point de départ dira non

au gisement nul de l'anthologie

saura se taire au moment de se taire

 

 

 

 

 

 

ärs litterära pris au recueil du genou

un artisan qui fulgure la matière

diverses techniques ont marqué les âges

mais la plus belle que je connaisse donc

la plus à même de traduire

c'est à dire de défigurer

sinon le corps qui pose

le désir de ce corps qui refuse

elle a pour nom le beau nom de mort

 

 

 

 

 

 

"il importe peu que l'œuvre soit achevée dans tous ses détails"

l'éthique regarde l'ensemble et non le fini

d'ailleurs ce livre est interminable

aucun détail ne saurait l'achever

l'herbe se charge de rosée

et le soleil sèche ses larmes sur un œil

épuisé au matin

comme il est dit

non pas que certains détails importent plus que d'autres

simplement

le temps usure les uns

et perpétue les autres

qui ne sont pas les plus

beaux!

 

un livre est une donnée et cela résume toute littérature!

 

 

 

 

 

 

le plus court chemin

de la mort au génie

est là

dans la prose

 

il prononce le symbole réducteur de son moi

fleurs et grimoire

signe résumé interdit le retour: abolition

 

pas tant qu'humanité siècle pierre tombeau

 

y délègue son impuissance au long vol du génie

il a élu non le mot mais son absence

le présent au passé du futur

le vin d'un mythe un seul versé grec

par les contours de la langue Syllepse dit: anakolouthon

 

 

 

 

 

 

une morte gisante sous les voiles diaphanes du destin

phallus courroucé par la figure plus que par dévotion

mais l'esprit y change

procède de la métamorphose

pas de la suggestion

si la fleur s'absente

nomme

et d'y paraître charme en gnomon bras exhaussés

la chance est du côté de chaque vers

gloire du temps d'élire qui résume le sens trophique

s'honore d'un pubis féminin exsangue et le baise toutefois

 

 

 

 

 

 

deuil sinon veuvage

récolte

diverses libations d'ordre filial

esthétique tendue à rompre l'attention

il s'agit de régler un compte avec les morts

théâtre de ce qui précède

alors s'éclaire un nom obstiné reluqueur

et s'enchaîne à toute mélodie où se noue le cœur

 

 

 

 

 

 

je n'évoque

ni les lieux

ni l'entourage

 

j'évoque le grimoire

qui m'est resté

 

j'évoque le chant

et j'évoque le pacte

 

l'ordre des jours anciens

s'inverse où tu parles

 

elle mêle aux bougies son voile

et sa jupe s'ouvre

sur de fulgurantes pesées qui ont troublé l'eau

 

 

 

 

 

 

les textes flagrants taxés d'obscurité

où la limpidité les guette

et en exhausse le souhait

 

il importe de dire que l'écriture

après des siècles d'existence

a effectué un sacré retour aux vertus primaires

 

il importe de dire que ces vertus primaires

s'énumèrent où tu t'es fourvoyé!

 

mais il importe peu que ta vie ne soit pas exemplaire

car il est dit ceci: rien n'aura eu lieu que le lieu

 

 

 

 

 

 

un poème dériva

para d'une inconnue la nuit

où la lumière avare

exalte le peu de fortune

 

siècles tus avant l'heure il dit:

secouera cette blanche agonie

mais l'histoire refuse toute syntaxe

déchaîne le soutien-gorge

par quoi le sein se mesure

ouvrant le vantail gris

de l'éclair songeur qui rassérène

 

 

 

 

 

 

celui même

que la poésie éternise

dans le chant et l'image

ne s'y ajuste pas

au discours logique

 

préfère la syllepse adamantine

aucun songe qui vienne

sans que le cœur murmure

sinon dans le journal

où l'évènement se détache de l'histoire

pour ne plus revenir

au lieu que c'est l'essence même du dire

 

l'objet nommé baigne ici

sachant où il va ni par quelle voie

il dit: réminiscence

 

 

 

 

 

 

autre qu'un recueil

fables angulaires

au cours de ceci

 

la nuit approuve quoi

que c'est stérile

au sexe du cygne émané de: ceux

qui n'ont pas fui et de:

autrefois se souvient

signe que c'est le

suicide

un suicide beau par ennui

métamorphose dite une fois au lieu de:

l'absente de tout bouquet

si le vase effleure la nox animae magna

 

 

 

 

 

 

rien n'est dit

sinon que tu t'éternises

dans le peu de paroles consacrées

le sépulcre est élu pour longtemps

 

nul n'y songe mieux

qui veille à ce que personne

ne prononce ton nom

 

le lecteur aura trouvé cela

un peu ardu pour son sens

mais chaque sentence est écrite pour l'isoler

 

 

 

 

 

 

inscris ceci: le silence est avare

et l'hommage le trouble

 

dis: ce fut une conquête

autrement ils poseront leurs yeux sur ceci:

le dernier point qui le sacre

 

et ils diront:

"gloire au plus long

des poètes de ce monde

que son sang se perpétue

avec l'honneur de notre langage"

 

que sourdes ces voix sont

n'exhumant que la cendre et la rime

diverses libations

 

 

 

 

 

 

où le rêve se brise

avec éclat de rire

plus chaudes que jamais

sont les paroles du maître disant:

solitaire habituel de sa propre pureté

oui je sais

exsangue selon l'heure

qui décroît avec la mesure il dit encore:

par une trompe sans vertu

 

sous les voiles la morte est d'une nudité ascendante

 

 

 

 

 

 

dans sa lenteur arachnéenne

la solitude se tend

entre les deux pôles de la conversation

 

d'un côté le calamus au rhizome sanglant

préfère sa corolle de vierges pétales

et dans le sens d'un secret avortement

le rêve installe des royaumes peuplés de putains redorées

 

cependant les mots n'ont pas pu redire la chose

avec la même secrète verdeur au réveil

 

 

 

 

 

 

aveugle mais sonore bûcher de transes torses

que n'éclaire pas le recul de l'âge

ils t'avaient dit que tu étais hérétique

personne ne peut pardonner leur cruauté

non pas la morale

o non mais l'art ciselé

dans l'ongle de la folie

l'art par le cri unguéal

la terreur et non la cruauté

le désespoir et la hantise

mais non pas l'inquisition

y los hojos más perdidos que tus hijos

voici rien n'explique rien

je veux parler de chaque côté du bras séculier

sanglant n'excluant ni la race ni la foi

et la question du sexe

et l'âge et croît le jour domine la nuit

abogado de los presos

 

 

 

 

 

 

et la pipe d'Enyo claqua

contre le pied de la table

il nous fit faire

un chemin de croix à Sainte-Quitterie

 

"l'important est de trouver le discours"

 

et puis il mit une pièce dans la fente

et la crèche s'anima

et s'illumina la crèche

 

"sais-tu la différence

entre trisomie 21

et translocation 13-21 non bon"

 

et alors seulement

il exposa son cœur au soleil

et il s'amusa à peindre avec les cendres

et cela lui procurait beaucoup de plaisir

saco bendito y san diego sobre su cabeza

 

et le curé nous invita à discuter

et il prêcha la masturbation et la pédérastie

mais il ne parla pas de femmes

et il dériva avec la bouteille ancrée dans l'Adour

 

 

 

 

 

 

Hele Hele lamat zabac tani

 

"une étoile à l'œil bistrée"

 

Zeus dementat quos vult perdere

 

j'ai pénétré l'épi sanglant et la terre dorée

 

un livre tel que la signification s'en détache

à la manière d'une feuille de sa branche

 

exactement de cette manière

et non pas d'une manière

qui fait penser à la feuille

qui se détache de sa branche

 

il redira que le rêve est une maturité dans l'âge

quatre saisons puisant au puits

de l'infortune et du langage

tenu pour la parfaire et y renaître

 

la nuit a réveillé la graine dans le sillon

 

 

 

 

 

 

morts

beaux morts

morts exsangues

morts tus là-bas

au moment de la première semaille

 

et le vent remue les tiges sanglantes

 

et dorme plus d'un

qui se souvienne avoir rencontré

le bonheur sur la terre

coquillage de sang

nul bruit d'une dent qui grince dans le sillon

ou verticalise avec le soleil

les morts couchés sous cette pierre

 

nulle réminiscence au tombeau

 

 

 

 

 

 

enchanteresse au cœur de froide saison

et puis est descendue dans les maisons

a déposé les paquets d'insipides algues

au seuil de chaque maison

 

s'en est allée

 

l'aurore papillonna dans les pattes de la rosée

 

et puis l'orage s'annonce par-delà la rivière

a jeté un vent inouï sur ces berges dorées

 

s'en est allée

 

et le cœur s'enchanta aux délices

la saison déroula comme des papyrus d'antan les paroles

et le songe s'y résolvant

et puis parla de diverses amours éludées avec les stèles d'ici

 

il pinça la dernière corde de l'instrument à vent

 

et puis s'en est allée sans dire un mot aimable

et le cœur désespère d'avoir changé d'adresse

 

 

 

 

 

 

je dépose mille offrandes

au pied de ton cercueil

 

elle dit "la gloire attendue

dans ce paysage de défaite

le jour annoncé

par le soleil de mes vingt ans

oh comme la ressemblance

est source de délices et d'infortunes"

 

et je dépose mon sang

à quelque distance de mon poignet coupé

 

 

 

 

 

 

je recrée le pacte diabolique

mon chant procède de cette vertu

et l'aurore est plus virginale

 

ma main s'isole

et recrée l'acte vide du coup de dés

mais dans le sentiment de l'apparence

 

nulle main n'est plus légère

à agiter aux fenêtres de la maison

lieu désolé

errance mot à mot

Kères désertée par le rêve

 

dates incertaines

"j'suis pas ton pè-ère"

 

 

 

 

 

 

durer avec l'éclat du miroir

avant qu'il n'accède

à la pureté du sol

dont il s'honore

 

le poème long

comme la première heure

le corps traversé

de bises gelées

à même le cours

de l'heure prochaine

 

nul n'est plus léger que le vent

parmi les habitants

des sables lointains

tant chauds à midi

 

l'heure s'abrège

avec l'approche

du dernier crépuscule

le sommet m'explore plus que je ne l'explore

 

 

 

 

 

 

je suis la branche torse

émanée du sein de Déméter

et comme je sens ton lait

blanchir tout l'épi

 

chaque semaille dans cette terre

est toujours plus rêveuse

de rejaillir plus haut

et de ne fendre plus le sol

 

je suis l'eau de l'arable

et la verte démangeaison

des chemins en croix

au passage des saisons

 

l'isolement est long

et soupire des cantilènes

moins sombres tout de même

que mon feuillage de passions

 

 

 

 

 

 

mon sang recueille le grillage

qui périclite avec l'aurore

les charmes purs de tes yeux

sont comme les dents émanées de l'écorce

 

mille saisons y rassérènent

le cœur et l'esprit

iras-tu cueillir le rayon du soleil

si ta main est assez longue et fine

pour traverser le métier monté de gloires futures

 

 

 

 

 

 

connais-tu d'autres chants

où la passion naît d'autres signes de doutes

 

rire dans ta lèvre concave

et y pleurer d'amères rêveries

creusant le tour des corolles saisonnières

que la pluie tance

 

ici l'usure est un signe de résistance

au mot même qui n'a pas le moment

de se passer de toi et de ton amour

l'eau susurre des chants recueillis

 

le ventre de Pomone isole sa virginité

et Smyrna accouche d'une écorce

où le dialogue se forge des incertitudes

 

 

 

 

 

 

à ce point où la langue métamorphose

la moindre nuance de ton ou

d'accent

éternisant un retour

à la forme qui précède

le désir pétille

avec parfum de sarment de vigne

où la métamorphose est le moyen

de situer le sens hors de toute

direction

le muscle même sent se prolonger dans sa fibre

l'hérésie qui éclaire les ruines de Tell al-Amarna

où le soleil est une forme inixique de la beauté

 

 

 

 

 

 

elle ne dit pas assez pour toi

et ne le dira pas

 

mais elle veut bien si tu demandes

elle veut toujours quand on demande

elle est l'éternelle prise de vue

 

développe un désir à l'article de l'unique

coule dans son ventre diverse aurora borealis

ou simplement éparpillée

comme l'étoile à l'heure du midi

 

elle est le temps d'ôter son masque

 

 

 

 

 

 

avec la mort

le temps est espérance

espérance vitale

et de renaître un jour

dans un jeu de miroir

l'illusion est parfaite

 

au point de rencontre

de la croyance et du besoin

la croyance comme racine du moi

racine dans la terre habitée

 

et le besoin comme maison

contre la saison des pluies et des vents forts

 

avec la mort le pain est suffisance

 

avec la mort le vin est délivrance

 

le pain est rompu selon la racine

le vin est tiré selon la maison

nul ne ricane ni ne se vend

pour un délai plus ou moins long

l'espérance est un raccourci

non de la vie mais du verbe être

et la saison qui s'annonce dans l'heure

est une réponse emblématique

claquant sur le toit de la maison

 

le ricanement est hors de saison

la vente n'est qu'une enchère

enchère de soi et enchère sur soi

le pain et le vin ne sont pas les substances

sont comme les filles du premier jour

le bras balancé dans l'attente

le cœur saisi par le regret la lassitude et le désespoir

 

la vie n'existe pas dans le travail quotidien

et le travail s'annonce

dans l'heure

la seconde

le temps le plus infime

concevable dans les limites du repos

 

la gloire est longue comme le désir

et la mort y plonge des mains

passionnées

 

la mort est un suicide devant l'échec

 

avec elle l'enfant raté renaît dans son nom à venir

l'infortune y consomme d'insoutenables heures

le pain fondu avec le vin à table d'hôte

et l'espace fumé dans le museau du devin

 

 

 

 

 

 

elle exhale un trompe-l'œil

le xénofils imberbe peau d'nœud

regardant à travers le compte des jours dormant

 

et suivie dans sa soutenance

y pérénère un gars fort biau du cœur

qu'a la main chouravée faute de s'amener moins gauche

 

et lui lance un regard fâché

sur quoi il se gratte le ventre

pareil qu'il sent la moule lui gratter

 

pourquoi qu't'aurais pas l'escargot adéquat pour m'y plaire

eh fadas eh rince un peu l'œil que j'amarre

 

 

 

 

 

 

como si the devil était kin tao

mais la tête perdida d'avoir

believi'qu'c'était arrivé

pero el heart 's amarantus y vide

 

el demonio wasn't so caro

pouvait pas l'avoir à meilleur precio

los hojos más perdidos que tus hijos

oh just a little cry whithout toi

 

croyait que l'ordre était olvidado

dans l'esprit des asiliums précoces

mais y en a uno who canta a-au

who vende todos los luumils

et ce n'était qu'un gradin de cartón

como si creen que el devil's kin

 

 

 

 

 

 

mourir

 

et ne plus crier dans ton sein

 

o terre madre mía et blanche

et proche qui m'a donné le jour pour visage

 

crier

 

qu'il est peut-être temps de se crever le cœur

 

mourir

 

et ne plus crier o vibratoire azur

où l'âme a la raideur de la corne noçante

 

Io si la table est demeurée

là où j'épouse ce qui me résume

et capte avec mon cri

 

mourir

 

et se taire doucement

 

o mer flux torse de morts

les pères sans nom noyés

par l'abyssale chevelure des sirènes

morir

morir

quiero morir

crier le dernier cri au bûcher fou de ma cendre

avant que le feu s'y absorbe

dans la tâche stellaire où mon nom se consume

 

 

 

 

 

 

la gloire est songe

que peut-être il est temps

temps d'isoler l'inerte

dans le geste révolu

quand pleure y rassérène

une idole d'or

toise l'arrêt au-delà de ce qui meurt

 

 

 

 

 

 

les chants sont chants de désespoir

ou ne sont pas les chants habitués

de moi qui hurle pour les goûter

 

le pendu bande au bout de sa corde

son sexe comme un cri d'avoir joué

l'extrême de la sentence

la raison y perd de quoi se fondre avec le cri

et la folie repose dans le mystère de tous suicides

 

 

 

 

 

 

la saveur de ton sexe

se retrouve sous terre

o dernière sirène

 

pourtant ma bouche a bu

le sel de tes paroles

et ma main a creusé

ton ventre de poisson

 

j'irai comme cravan ou vaché ou rigault

irai-je comme toi détacher une à une

les écailles du bout de son corps

 

là-bas l'astre s'absorbe dans sa propre substance

est anthropophage et dit: Pouce!

 

 

 

 

 

 

tu impénètres mon cœur o Kérès

le poil blond de ton sexe courbe au vent

le mystère profond de tes jours

ceux exhumés dans la récente fièvre peut-être

quelle chaleur plus torse dans mon cœur o déesse

et que la brûlure est atroce

si tu la prodigues sans lever les yeux

vers moi qui hurle de terreur de terreur

 

mon cœur se noue avec ton œil

y puise un renouveau des vieilles hantises

par l'or proféré

dans la  pierre vulgaire et stérile

 

mais ton ventre est enfant d'un pays brûlant

où chaque monument s'écaille

et nos maisons hantées par les délices d'un sexe blanc et or

 

 

 

 

 

 

o chienne sacrée

protège ma vigne

de la saison qui s'annonce

 

voyageur bois de ton vin!

il est chaud comme le soleil

qui l'a mûri dans ses rayons

 

o passante tu es nue

et tu pétilles dans les sarments

parfumant ma maison

 

moi moi je suis né d'une autre étoile

celle qui purule dans mon jardin

et a grandi au sang de mes blessures de guerre

 

 

 

 

 

 

ne me demande pas

murmure seulement un nom quelconque

au seuil de ma maison

 

murmure un nom sans nom

le mot le plus obscène

en recuerdo

en recuerdo

 

mon nom ouvre la porte

chuchote à ton oreille le nom-clé

coule comme une guivre édénique

et m'encense avec alua

 

 

 

 

 

 

au diable les maisons pleurées

et leur seuil noyé de lumière

les arbres nus dans le jardin

et la fille pendue à la grille

 

qu'aillent se faire foutre le cul

les vents tombés dans les feuillages gris

torturés par leurs ongles

 

diable et poursuite dans ce ventre de boue

enchisos enchiseros

que se mueren todos los recuerdos

qui me grisent le cœur

 

j'irai ramper como la serpiente ici

veule moins chaude que ce sexe brûlé

hurle la voix des bûchers

dans la place

où le pavé patine tous les recours en grâce

 

 

 

 

 

 

now is the time to remember de recuerdo

'n not to die here but vo do

cuando el amo quita su casa

'n to cry whithout documenta

 

dat's de time 'n not de space

de new comon heart

'n your blood in my eyes

pero los hojos son perdidos en tus hijos

'n nobody 's de memory

not to sing my memory but yours

not to cry into pecho

l'angoisse récente à jamais

si magna's de nite 'n so

don't be rey don't be rey

but just a beast

una picha torcía

buvant la semence

là où s'isole un chant nouveau


 

 

 

 

 

 

ce que l'écrit manque de dire

la langue devenue langage

par-delà les oppressions économiques du capital

devenue inaccessible dans son intégrité

même l'érudit qui?

 

j'expérimente cet éclatement

la clé de l'écrit

ce que Bouhours manque d'enfanter

le veda savoir mais à la clé

 

 

 

 

 

 

pure émanant de cette distance

où le lieu de nos conversations

est un nœud des coïncidences les plus diverses

celles que l'histoire isole du contexte

 

 

 

 

 

 

de ce vent

où se mêle la nuit

à la sœur aimée

sinon le luxe de netteté transparente

qui se fige

à l'horizon du regard en croix

sur d'éternelles raisons de vivre ailleurs qu'ici

loin du tohu-bohu des circonstances présidant à soi

 

 

 

 

 

 

la maison au large creux de soi

raisonne-t-elle encore des sons

qu'elle a cueilli quand elle

bruire dans le jardin entre les herbes dorées

d'une aile attentive à ne pas troubler

le silence d'autre diversité d'îles,

pareilles à des cris seulement pensés

est-elle aussi sourde qu'on le dit

la pierre couchée au seuil de la maison

comme endormie ou morte

la maison réveillée par un rêve mobile

 

 

 

 

 

 

même si nos pères endormis

sont le témoignage souterrain de l'impossible fils

 

oseront-ils bâtir et rejaillir de cette voix

 

pères doucement d'or

par cette voix signée au nom de l'infortune

 

oseront-ils tes fils élever la même comme un cri

 

oseront-ils

mes fils

hurler par cette voix lointaine d'obstination d'étonnement

que la pierre est signe de croissance

 

 

 

 

 

 

seule lecture

envisage de creuser

où dresser les piliers

et d'y paraître

comme dans un royaume

puis que tu n'as pas tenu parole

contre le gré des forces d'où renaît l'incréé

 

 

 

 

 

 

livre dans la main

il est ce que j'ai vu de beau

malgré la convulsion des paysages

et des corps y muant la sévérité

de leur chair misère et volupté

l'idée contre le pas

l'un ne guidant pas l'autre

mais se heurtant

sans comprendre la beauté

des lieux qui a fui à jamais

les noms qui me composent

 

 

 

 

 

 

"l'écoute a changé de site"

ce n'est plus le monument d'ombres et de lumières

mais l'image s'inverse

ou s'ajuste au regard

selon chacune de ses faces

recréé le sens perdu un moment

n'égare qu'un relief trophique

peut-être retrouvé

où s'installe le nom

de toutes les métamorphoses du langage

dans les noms de site

et d'un temps extrême

où le cri se répercute dans tous les sens

et déchire au sanctuaire son masque sacré

car le mot était, profanation

et ce mot était inscrit dans le temps

 

 

 

 

 

 

sur les marches du seuil

attend que la nuit tombe

et qu'une aurore

enchaîne sa raison au pilier

 

au midi rassérène un cœur

qui se déchire d'être au cœur des entrailles

et d'y changer

 

des heures pleure de sang

et le soleil pone sur la cité aux sept créneaux

 

et là contempler? connaître?

non crier le cri

qui toujours figure cet

inachèvement

 

 

 

 

 

 

luxuriantes déesses pareilles

à tes seins d'or nacrés

au vent de quelle raison se perdre

sinon dans l'aile de tes tourments

 

et je mens de savoir

si quelle force se meurt

d'y reparaître intense

et pourtant sûre de soi

 

malgré une aurore avenante

de chastes et joyeux devis

où chacun se retrouve

 

quel est le lieu suprême

où tout se résume

à quelques signes de la main

signant que c'est l'achèvement de toute raison

 

il y a dans les bois de l'esprit

des myriades de feux courant sur la grève

 

et dans le sable et l'eau

que limite le vent

diverses sépultures d'ordre phalangiste

 

et peu c'est peu de savoir

que tu es née de ce coït féroce

que la chaleur ne rassérénera pas

 

douce à la crypte en bistre

des lèvres brûlantes de ne pouvoir résoudre la question

si telle opacité de feu se coudoie

 

et d'une coudée avance dans l'heure

alors pourquoi la chance d'être né

autre part que dans ces parages

désertés du cœur

 

assomme de purs éclats

le front nimbé du solitaire à la voix de crécelle

réveillé par la foule

 

non pas aimer dans le retour

de tes métamorphoses au sein du texte

mais te suivre pas à pas

dans la rousse exhalaison de tes feuillages

 

l'idole au ventre de basalte écume de douceur

hormis quand c'est le vent

qui voile ton désert d'une main nonchalante

telle la précieuse circonstance où s'isole

la dernière saison d'une nuit sans retour

 

 

 

 

 

 

o que de fois ai-je senti

le lait de ta puissance rejaillir

de là où prenne source le cercle polaire

 

et d'une saison moins douce heureuse passée là-haut

esseuler les principes écœurant

de l'inceste au bois d'insecte

 

m'enivrer de la seule passion

où l'infortune est le temps de rasséréner

toute la vague

et les morts dansants sur le ventre des tombes

 

 

 

 

 

 

qui dit que demain

est le jour choisi

pour révéler ce que cachent

les entrailles du devin

 

et réclame un trône

où reposer comme mort

et peu encline à y choisir

entre le myrte et le laurier

le plus à même de passionner le dernier éclat

 

 

 

 

 

 

résonne la voix sourde des héliades

dans le cœur paralysé

résonne le feu de joie

installé dans ces plaines

mus par ma seule force de vivre

 

 

 

 

 

 

métal pleuve de la jaune obliquité

selon que je décline

vers l'orient ou

l'occident

 

d'un signe de tête

m'en écarte pour le midi

et peut-être que

les nuances de la peau lézardée

qu'arbore une femme

engoncée dans la mare

facilitent la reprise

du refrain ébauché

 

même si c'est l'heure

où l'autel bifurque

dans la quelconque maladie

de l'esprit du cœur ou des entrailles

et calligraphie d'une main suspendue

le caractère hallucinant qui dit

que les poètes ici rassemblés

sont des oiseaux de pure instance

et que leurs chants désespèrent la piété et le mal

 

 

 

 

 

 

eau de boue teintée

dans le soir qui sommeille

d'un œil à demi clos

sur les vagues présents

par tant d'esclaves nus

dans leurs robes de pierre

il a taillé la plus grande partie du monument

au prix d'un sang innomé cependant son nom

 

 

 

 

 

 

étale un rien

de cette opaque liqueur

sur les stèles de ton corps alangui

 

possible qu'avec le heurt des saisons

ton cœur y gagne

 

les rives rêveuses de l'eau au bord de l'île

pourquoi n'iras-tu pas saisir

une autre idée le long de cette vasque

où coule un vin si doux

et proche de griser la moindre de tes vertus

 

 

 

 

 

 

les rames de ton arbre sont plus belles o Myrto

quand le soleil s'y enchaîne

pour décrire son nouveau lever

en hommage au dernier couchant sur la grève

 

nue pareille à un sarment

tortillé sur l'ardent bûcher

exhalant l'odeur de la vigne crû pour le vin

et la graine moins sade que la pulpe

au sol qui la dérange dans son

intimité

s'il a élu de refondre une aurore unguéale

d'une fulgurante rayure au

lever, ce soir

 

 

 

 

 

 

le ventre ancré

et la poitrine clouée à ce roc

survolé de divers oiseaux

dont l'instance est de creuser le soleil

les jours

et toutes les obscurités dansantes

 

la nuit isole ce cœur

dans la pierre de tes montagnes o Zeus

ainsi que vaque aux offices du père

un fils à la phalange de nacre ciselé

 

que son pas le mène

où les jours sont mesurés

à la mesure de tes jeux

insouciants avec les dieux

 

o fuse un jet tranquille de cette eau étale

si le bec ne l'a pas ondée d'un premier cercle

 

 

 

 

 

 

et là dans cette attente

et cette lassitude

se demande pourquoi

 

ignorant le détour

qui l'a mené au site le plus beau

du sol où je nais

de cet inattendu

qui le plonge dans d'éternelles processions

sur le tour des fleurs

comme qui butine

 

un papillon

 

mais sur la seule

et de toute une vie

n'en ôte que la couleur

si la substance demeure

ce qui est incolore

au moins à tes yeux

compagne du nom à venir

 

 

 

 

 

 

où sans que l'œil

ne s'y attarde plus

que l'instant de la mesure

une pâle résonance de voix

atteint le point le plus haut de l'accord

entre le rêve et la réalité

et d'une ombre transparente

mire la vague présence

une main cherche à pénétrer

le flanc de ces collines désertées

mais brise le miroir

où la transparence n'était qu'un reflet

 

pâleur pleine de tes hantises o vérité

 

 

 

 

 

 

la pleine lune descendant

ici à même l'heure éternelle

qu'on s'y recueille ployé

comme le jonc

sous la force d'un vent venant d'ailleurs

 

torses de fumées diverses

d'autres pays non le mien

peut-être le pays

où tu dors dormeuse

au sein gonflé d'enfantements

 

quand les nuages abaissent

une légère opacité de blanche salaison ici

 

et c'est l'heure où le premier rêve s'incarne

si le colore un des joyaux

que tu portes

pour te parer d'un cercle solitaire o Kérès

 

vers le minuit claquant

dans ce toit bercé des convulsions dorées

que se confère une nuit

tranquille par l'oiseau

par le crabe enfoncé

le sable raclé de coquillage dans la marée

 

juste qu'un toise mon propre regard

et d'un éclat le trouble

de surveiller le mouvement de sa présence

lui penché comme un salut pour regarder

 

 

 

 

 

 

maintenant les yeux

de celle qui mourra

de la mort violente

sont les joyaux

les plus reposants

pour le regard

même si mes yeux

contournent les paupières

closes à demi

sur le regard inattendu

vers un qui doit être nul

si je le compare

au suicide per naturam

regard de fenêtres voilées

où je penche et m'isole de sa candeur

que ne soutient pas le regard

sitôt jeté dans ses voiles envolés

 

 

 

 

 

 

un bond

dans le vent de ta chevelure

que la pluie inonde d'ondes blêmes

 

le corps saisi de transes

que tu n'expliques pas

autour du nacre de tes épaules

 

d'autres bonds

assurés de l'appui et du heurt

il est idéal

 

mais pourquoi

ce chambranle noué de transes

dans notre ciel de lit

 

et ton sexe se balance

sous la langue est-ce la mienne

suspendue à ton suspens

se déroule l'atroce défécation

 

 

 

 

 

 

la morte aux yeux de sang

fixe la dernière odeur

 

la plume a cessé de tourner

dans le ventre qui s'ouvrira

 

l'odeur du jardin mêlée à celle de ta peau

 

l'odeur de la saison qui virevolte en moi

 

est-ce une autre odeur

 

la feuille mouillée dans la pluie

l'oiseau est plus léger que la première ondée

l'oiseau est un vol de toutes les blancheurs

l'oiseau est un arrêt sur la branche de l'arbre

 

odeur d'écorce ouverte sur la mare au pied de l'arbre

smyrna étoile d'œil toute l'onde à son sexe délire

 

 

 

 

 

 

marche

ton pas régale l'ancolie au cœur saignant

l'arbre

est-il tombé après ton passage

l'arbre

n'est pas tombé

l'oiseau

a cessé de voler ou de se poser sur les branches

le passage

est-il plus sanglant

d'autres

chemins de feuilles

d'écorce

arrachée de pierres de pierres

 

isolément passeront-elles sur la même traverse

 

et si proche

que l'air est doux maintenant

et voici

s'éveiller l'insecte dans l'écorce exsangue

une larve au ventre usuré

 

- et la hyène ricane sans te voir

 

 

 

 

 

 

comme un méandre inachevé

pour ce qu'il est interminable

et dont l'ampleur décroît avec la profondeur

il résista

 

marche

auréolé d'aurore

vers ce point visé toujours plus haut

malade d'être pur

ayant gagné le seul souci de reparaître un jour

 

 

 

 

 

 

au conseil magnifique du suicide

quelle dame succède

et s'honore d'en être un nom sans l'initiale

 

o ma mort

mon seul bien peut-être ici

au nom de quelle dame sans mercy

n'évoque qu'un cœur ce cœur séparé

 

procède-t-elle de stances maudites

 

et de son bras

chargé de tous les changements de lieux et d'âge

regarde-t-elle en m'oubliant

ce paysage qu'on désole à force de présence

ou qu'elle refuse le seul salut

qu'il décline avant de se fondre avec l'horizon blanc

comme un soleil au point de ne paraître plus

 

 

 

 

 

 

qui est-elle

et peut-être ira-t-elle danser dans nos mains vibrantes

 

o quel soir pourra nous charmer

 

me dire au moins le sens

de ce recueillement

de cette attente perverse

et nous assis entre les colonnes

bassins

palmiers

soleil redescendu de là-haut

et qu'on regarde

les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom

 

en quelle année de leur âge

eurent-ils à léguer leur raison

ou n'est-ce que ton nom

qui pleure à nos côtés intangibles

mais là

 

et nous assis dans ce jardin

dans les carrés de fleurs

notre nom n'est-il

que de mémoire on ne cite que l'attente de ton nom

même ou bien de tels regards o muse

 

ont-ils déjà les yeux éblouis

d'avoir maudit ton nom

le sais-tu

que pour nous ceci n'est que le vent

qui importune notre épaule

 

un vent levant là-bas

le regard ébloui de l'attente attendue

o mortes

 

mortes

et peut-être toutes recueillies

de rencontrer cette attente lointaine et aveugle

qui ne paraîtra pas tant le soleil l'exalte

à ce point de son âge

 

et nous

assis

 

et nous

les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom

 

regarde muse légère

penche ta chevelure sur ce cou

qui s'offre vide le sachant

regarde ce regard immobile

qui va s'éterniser ici

les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom

 

 

 

 

 

 

je suis l'astre et la nuit

l'astre dans la nuit qui dérive du jour

qui suis-je sinon

l'heure du beau qui ne sera pas dit

 

je suis le point de rencontre

de l'acte pur et du rêve sacré

selon la

page

 

voici l'idée

o moi consolée

qu'il se pleure avant l'heure

que je l'y délaisse

 

aurore

ou premier rayon

ou ce rayon qui seul rature la nuit et le jour

 

 

 

 

 

 

je sais

que seule et seule

parmi ce nombre

tu gis

blanche d'un voile

qu'il n'a pas soulevé

 

ou même si ce vent l'épaule

du peu qu'il isole

dans l'heure qui survienne à temps

 

ne sais pas de quel bouquet s'égare un marbre

que nu l'aurore paraît vaine à tout regard profane

et que seul te sacre la poreuse absence de cœur

qui toujours première hante le jour opiniâtre de ses noces

 

 

 

 

 

 

peut-être moi

songeant près du bassin

à ce qui ne sera pas ne sera

jamais

 

le futur même opiniâtre d'ici

et d'éclats parsemant le visage descendu

et l'inaugurant peut-être

d'un regard qui l'innove

au seul chant d'un âge

où ses yeux regardent

ce côté de la transparence qui nous sépare

 

 

 

 

 

 

l'oreille au creux psalmodiant le rien

qui va renaître avec la très soudaine apparition

o blanche saison

la voilà qui sème déjà les dents du dragon puis

là-bas s'exile avec la crainte d'en finir

 

est-ce le cœur au défilé de rêves minaudant

ou bien je n'espère que ta mémoire en moi

est-ce Io qui use son sexe de corne est-ce toi

 

dans combien de temps verra-t-elle le temps

paraître moins abrupt à l'égard de son ventre

ou n'est-ce qu'un rayon qui traverse son œil

 

où est ce blanc et or voile de morte

que tu exhibais jadis du temps de l'éternité

n'est-ce que l'intruse connue peut-être sa rivale o sang

 

 

 

 

 

 

osera-t-elle

et m'oublier

amère ou lasse

par d'importunes mains

se croisant sur son sein

 

ou raturer d'une vive secousse

tous ces monstres en grâce

et recueillir dans sa main tant opaque

diverses libations

dont témoin fut ou sera

malgré l'heure peu vaine d'ici

ce bouquet d'extases présentes

en le col diaphane de sa tige

d'où redescend peut-être un pacte moins docte

 

est par cet œil qui se cabre

au désir de sa chair latente qui l'attend

ne savent pas quelle saison rêvée

le moindre du seul souci incriminé

ou plus torse qu'au pleur du cratère

buvant leur ivresse osera-t-elle

assez douce pour l'heure

jeter ses larmes au bassin

et d'un jet d'eau réclamer qu'il arrête

au moins un temps parmi les temps d'attendre

 

 

 

 

 

 

nous

yeux levés vers ceci

qui doit être la même fresque rencontrée

jusqu'alors

une année

l'année de la mauvaise récolte

 

ou diverses moissons avortées

de n'avoir pas su quel sang m'élève à ce rang

 

où sont-elles

qui n'eurent qu'entrailles et cœur à cette place

 

j'y viens

viens toi aussi

courons à ce mémoire

semblables

o tant

et que tant m'offusque telle

 

ne crois pas m'isoler dans ces formes

 

et nous

regardant gravement là-haut

 

quelle force le meut de susciter

le moindre des regards

au vertige du contour caché

selon l'apparence des voûtes

adversaire même du mythe qu'il va créer

 

si l'heure est pour nous de contempler plutôt ses yeux

 

 

 

 

 

 

je connais ce point de la parole où la bouche

de se clore peut-être

n'émet que le regret des premiers mots

ce mot même au moment de naître

B.A.Boxon

vérité sans gloire

ah que te sert-il d'en écrire aussi long

pauvre coureur de jupons profanés

si c'est pour renaître en un tel livre

au moins le sais-tu que B.A. se lit boxon

 

 

 

 

 

 

de l'astre qui opère sur sa face zélée

la multitude d'yeux éblouis

yeux tendus dans le suspens d'autres astres

si l'ascendance d'âge en âge

n'y recueille que cet horizon profané

 

doit-il quelque jour puruler

le sang

zéro pointé vers l'aile légendaire

 

y noyer sa blanche chevelure de nymphe alentour

sans qu'irascible s'élève une noire hantise

que l'or même s'y perde

nul ou me nier même si elle redescend ici

son ventre au sol se nouant

 

et vous verrez alors peut-être o combien sans mercy

recrée du vide un vide plus brûlant

qu'elle a mainte fois parcouru sans vieillir

 

 

 

 

 

 

poésie née d'une chambre close

qu'est-ce qui est clos

 

ce paysage mué en vents herbes toitures

n'est-ce que l'eau la fenêtre

 

j'y coule un regard

le même qu'ailleurs ici se méduse fleurs?

 

et pirogue opiniâtrement vers là-bas

où se fond le sol avec le soleil

close stigma diabolicum spatula

 

non car je sais que ce mur arrête ma

pensée

pour ne la répercuter plus haut

 

que c'est là entre moi et moi

que le poème s'annonce le même

un cri redescendu toutefois vim patior

 

 

 

 

 

 

à l'issu des premiers pas de ce poème o moi

se peut-il que je décide de vivre

se peut-il que cette attente conclut à la vie

 

se peut

 

et désormais ne sera plus question de crier mon désespoir

juste réclamer la douceur

changer le luxe pour le confort

le marbre beau pour le repos nacré

le vague pour l'opaque

 

mais n'y suis-je pas déjà entier à cette chienne de vie

moi l'inix horse'n horse attock in the devil's name

à moins que vieux pervers je sois simplement ivre

que j'ai bu de cette eau qui rend aveugle et fou

dois-je reconnaître un visage et le dénoncer

est-ce que mon règne et ma justice s'égarent ici

entre la vie et la mort

ou la santé et la folie

 

 

 

 

 

 

au moins si tu te retournes

le futur comme hagard ici

même au cri que lance un seul présent

avance jusqu'au trône

 

mais qu'ai-je à présenter

sinon la vanité de mon cri

la vanité de l'arrêt

au point fixe de l'aurore

si l'aurore est ce gnomon

stigmates d'une nuit

 

seule nuit

va-t-elle si je m'avance vers l'autre visage

me rasséréner au prix de ma coïncidence

ma réalité

augurer que c'est là le lieu du seul visage

per anum peccatum sodomiticum commisit

 

 

 

 

 

 

je voudrais que mon chant

soit le plus sain des simples

 

simples d'esprit

simples de corps

mais sain au-delà du chant

 

et là où la santé n'est pas simple

la note accable la suivante

l'image est sans regard humain

le mot se désole d'être quand même mot

l'immobilité se fond en crispation

au point où cesse la simplicité et où commence la santé

là o paradoxe la maladie s'isole

et recrée le sens dans le sens d'une plus grande cacophonie

 

 

 

 

 

 

que ton corps soutienne ce vertige

languisse plus haut que le soleil

et toute récente de rosée

cher corps descend dans ce ventre désolé

 

soleil

 

me brûlera le cœur

et un cœur soutienne ce vertige passager

redescendu selon la verticale de ta présence qui me fuit

 

 

 

 

 

 

o poème ce rire

temple de sable

l'idée contre une plus docte

selon ton œil

 

o rire vague

même autre idée

espaces rois formés là-bas peut-être

avec l'ennui

pubis à mi-ciel haut déjà

sol menti

vague o roc perverse idée

o solstice

peut-être vacherie d'un océan hagard

comme qui le regarde au bond de l'horizon

pour parfaire le cercle

midi rit du bloc calme d'une sainte

l'œil mué en l'œil même pôle et soleil

ce pour quoi il l'installe

 

o foutu continent

et toi

o captive du lieu

 

silence des pères

néant de l'attente

arc même et non salut

acte du seuil

midi

sol même

un pubis céleste o silences

 

 

 

 

 

 

maître du pur miroir

long chaste reproche devant

d'y voir paraître avec le jour

une autre ombre qui stagne

 

et s'absorbe la docte raison

tue par ce pouvoir

élan qui vaque en ce lieu dit

 

miroir

o forme des formes

le lieu n'est que ce lieu

où s'assemblent les ressemblances

en ce cri reflété

que répercute le silence ou l'immobilité de ce silence

 

 

 

 

 

 

allitère l'énumérée réflexion

de la lumière sur l'eau

qui l'étoile une

 

l'astre ici inscrit

impur de s'y recréer

au point de paraître informe

 

des heures à contempler

au moins ce visage

mien si je l'importune

 

ou est-ce ton œil qui me reproche

de n'y pas ressembler

 

redira peut-être que l'instance s'épuise

à vouloir isoler son compte

comme s'il l'eût réfléchi à rebours

inversant la moindre distance

où le miroir opiniâtre se parfait

tel que ce mot même rature son sens

au moment qu'il est de désespérer

 

d'y voir naître une proche clarté

celle émanée de tout regard qui cela

 

 

 

 

 

 

je suis l'échec de ma propre raison

l'échec de la coque sur le sable

ce n'est pas assez pour me recréer tel que je suis

 

l'échec du pas sur le sol

ce n'est pas assez pour m'élever

jusqu'à l'instance de moi

 

je suis l'échec

ma raison a échoué sur une rive quelconque

pourvu qu'elle limite ce plan permanent

lisse de son argent étoilé

 

je suis l'échec aux portes de la découverte

cela suffirait presque à ma puissance

 

 

 

 

 

 

le cri est une modulation

dans le silence des poumons

invités à se taire

dans ces lieux

 

ne parle pas donc se tait

 

bruite tout au moins ce qu'il veut dire

si c'est possible à l'oreille

 

mais n'écouter que la fréquence

c'est mesurer non pas regarder

 

il importe avant tout de regarder le cri

comme on regarde un corps

 

que l'oreille est soumise à la ressemblance des poumons

 

 

 

 

 

 

de recréer le signe même

par quoi tu erres

femme

et non pas fétiche

 

au moins de s'y absorber

ne lira aucun livre

qui ne dérive sur ces bords

lointains certes lointains (....) de la folie

 

de la folie (....) l'âcre saison

diluée avec des franges

dont elle s'honore cruellement

dira pas le bronze échevelé ciselé que c'est ici

 

 

 

 

 

 

délirante de longues virtuosités

ne crois pas me faire mal

ne crois pas ça o muse

qu'idolâtrer ton sein de marbre

m'éloigne de la faveur des dieux

 

ne crois pas m'isoler du reste de l'Olympe

il n'aura créé que pour te plaire

elle est aussi douce que ça

et d'un socle se river comme racine à l'arbre soutenu

ne crois pas que le son de ta voix domine mon chant

ton haleine est toute parfumée de mon cri

 

 

 

 

 

 

de ce côté

l'or comme l'eau

étale

et de mortes rafales

dans le bord

fugitives

des riviérantes eaux

épousées selon la forme

des rencontres fortuites

 

ici si c'est le lieu d'élection

eau et non terre

 

à ras du monde eau et non terre

il y a le feu

errances de toutes les formes

l'or comme le feu éteint

 

 

 

 

 

 

la pœia

ut doceat

ut moveat

aut delectet

certes

 

mais seulement du côté de la lecture

car de l'autre côté

l'écriture n'a pu que s'interposer au lieu de la séparation

 

 

 

 

 

 

au viol des yeux

qui se sont fermés

pour m'étreindre

et me composer

 

le bond du long regard

qui recule ou avance

sans m'atteindre jamais

à travers le corps qui m'aime

 

que j'aime

si le temps

ne dure au moins

cette distance

 

 

 

 

 

 

ce n'est pas tant l'attente

que la distance

qui déroule ici

ses heures étrangères

 

peut-être le moment

où nos mains ont élu d'autres corps

le moment qui s'annonce chaque fois

que nos lèvres s'éloignent

 

 

 

 

 

 

un jour

lasse d'écouter les mots

d'où je naquis

tu es morte

 

et tes yeux saluent qui je fus

serai-je si tu ris

d'être seule à présent

si seul avec l'amante

qui redore son deuil

 

au prix de quelle saison

le corps que je salue va-t-il

gagner le dernier repos

 

entre diverses tombes qui erre

et reconnais que tu es toujours la première

 

 

 

 

 

 

je chante

la morte

aux yeux d'hyacinthe

la morte évanouie

quand j'ai connu l'amour

 

o morte

dérive-t-elle

ta chevelure

entre mes mains

 

ta chevelure me charme-t-elle

elle isole le repos

dans les heures closes à la découverte

 

que je chante ton cœur

et ton cœur toujours dans l'amour méconnu

 

 

 

 

 

 

à celle qui ne me lira jamais

de n'avoir pas connu

ni l'ombre qui je fus

ni la lumière qui je sois

d'être l'autre par ç'amour

 

peut-être à celle qui de me lire

dira que non

ni ombre

ni lumière

 

qu'un œil saura demain qui aima

s'il n'aima jamais qu'elle

 

à celle qui du peu d'amour

n'a su résoudre un pleur

au moins le même que celui

lâché pour une autre

celle qui honora le bouquet qu'on dépose

 

 

 

 

 

 

hante-moi

o muse immémorable

hante le cœur

et le cœur de ma présence

 

o recrée la hantise du sang

hante ce cœur

o immole mon corps au pilier de ta mémoire

mon sang cumule dans l'épopée

 

que je respire les parfums de ta bouche

le temps de me remémorer le cœur

 

ma transe innove-t-elle toute jouissance jadis hantée

 

 

 

 

 

 

qui est la dame sans mercy

au paysage qui dédicace

le livre de qui aima

 

la dame a-t-elle ri encore

de qui la nomme ancienne peut-être

au paysage qui la para

 

madame est-ce l'orient

qui occidente la mémoire dès demain

 

n'est-ce que votre ventre

au paysage ancien

qui se dédore avec l'aurore

 

 

 

 

 

 

je chante une morte

dans tous les temps

une morte du temps

morte de n'avoir pas chanté

 

je chante une morte

sans voix

morte l'espace

d'un cri

 

je chante

le cri de la morte

je chante

la morte sans cri

 

je chante

doucement

pour ne pas éveiller

le temps qui l'emporte

 

je chante le moment

de sa mort

toujours pour revivre

avec elle les noces

 

 

 

 

 

 

pour toi

enfant du moindre murmure

ma voix isole la voix

le temps de mon cri

le temps d'aimer dans ton corps

 

pour toi

j'ai chanté la terza rima

qui ne rime que dans ton rire

le temps d'aimer dans ton corps

 

pour toi

je cisèle mes propres mœurs

aux reflets de tes saillies

je module le nom

que j'aime dans ton corps

 

pour toi

je m'enivre de toi

je tais mon cri

dans mon murmure d'enfant

le temps de t'aimer dans ton corps

 

 

 

 

 

 

o qu'un seul de tes cris me résume

chère enfant qui sommeille où je dors

 

o que la nuit dans l'âge nous sépare du sol où tu naquis

que je recrée au paysage gravé dans la pierre

 

mon regard s'y attarde-t-il d'incréer la mémoire

 

o qu'un seul de tes cris me résume

que ma cendre éparpille l'histoire

 

tout mon nom se suspend à ton cri

où je dors dans la pierre grave d'un paysage

 

o chère enfant qui sommeille

aide mon ennui

qu'il se résume au seul mal où je m'éveille seul

importun au paysage qui m'entoure

et qui couronne ton sommeil d'une muette couronne de pierre

 

 

 

 

 

 

lourde

lourde immobilité

qu'elle étage

où je m'ennuie

 

race vaincue

meurs de t'immobiliser

dans mon destin

 

meurs de me destiner ton immobilité

 

 

 

 

 

 

mon œil remue

l'eau de ton nom

 

je suis pareille

à cette main

 

je brise l'œil

où il se nomme

 

je nomme l'œil

où il se brise

 

mon œil remue

l'eau de ton nom

 

j'onde la lettre

d'un pur contour

qui la déserte

sur l'autre rive

 

je suis la main

qui nomme l'onde

 

je suis la même

sur l'autre rive

 

o je suis l'autre

où je te brise

 

mon œil remue

l'eau de nom

 

je suis le nom

du lendemain

où l'eau se brise

avec le nom

 

je suis la rive

qui te déserte

je suis le nom

de ton désert

 

je suis l'amour

qui te déserte

 

mon nom remue

l'œil de ton nom

 

je nomme l'eau

où elle se brise

 

je brise l'eau

où elle se nomme

 

 

 

 

 

 

mon sexe branle

dans la mémoire défunte

 

le soir est seul

qui se souvient

de la dernière instance

 

nul vent

ne remue

le suspens

de tes yeux

qu'on enterre là-bas

dans un dernier salut

 

 

 

 

 

 

o ma mort

la tienne si je vis

que n'as-tu soulevé ce masque

sur les yeux que regarde le temps

 

o ma mort

pourquoi ce rire dans le masque

 

pourquoi ce masque

dans le temps qui ne changera pas

 

ma mort o ma mort o par quel changement

le lieu qui t'a élue respire

au regard qui s'éloigne

croît avec sa mort

 

 

 

 

 

 

je ne suis pas le geôlier

qui importune la lecture

du livre que je garde

de la clé qui ne l'ouvrira pas

 

o captive du seuil

où ton regard enclot

la moindre de mes apparitions

au moment que je m'ouvre

 

le temps a espacé nos rencontres

je suis l'enceinte non gardée

où nul rayon ne purule

 

o morte qui regarde la fleur qui manque à mon bouquet

 

 

 

 

 

 

qui juge

qui renonce au bouquet

 

d'entre ces lacs perdus pour jamais

qui a renoncé au repos d'un bouquet défloré

 

peut-être n'as-tu pas chanté les juges sang et gloire

le guerrier du sang même

que ne recueille pas la conque de tes mains en moi

 

o pleure

dormeuse immémorable

dès hier pleure demain

le présent oublié

quelle perdition dans les parages du beau

 

courons nus entre ces lacs

aimer la pureté adamantine des corps perdus à jamais

 

o jamais plus les aimerons

dans l'écorce purulente de la maladie

si tout le cœur renonce au bouquet qu'elle dépose

sœur inimitée que l'idée partage avec le désir

 

 

 

 

 

 

ceci n'est que le trompe-l'œil

de l'œuvre au passage des morts qu'elle déterre

 

c'est la réponse emblématique

de qui passe avec les morts qu'il emporte

surtout

c'est la question de qui s'arrête pour coucher avec les morts

 

 

 

 

 

 

ce feu qui est mort

parce que je l'ai tué

est-ce l'eau désertée

aux mains qu'elle n'a pas mouillées

 

le feu est mort

si c'est lui le feu

dans la grande instance

de l'art qui le calcine

 

peut-être la lumière arrêtée

dans le moment le plus long

d'une ombre plus blanche

à l'innerver demain

 

le feu n'est pas mort de mourir

peut-être de brûler

le dernier grimoire

qu'il n'a pas saisi au vol des cendres

 

 

 

 

 

 

voici la femme

que j'ai oublié d'aimer

la femme qui n'a pas saigné

la femme terrifiée

aux couleurs de la couleur dans la cendre

 

peut-être l'aimes-tu

toi qui ne l'oublies pas

ou qui te consoles de ses cendres

au vent

au vent répandues

répandues

 

peut-être la compagne du dragon

qui brûle d'une eau immobile

dans la célérité des voyages

 

la femme que le nom oublie de nommer

aura saigné d'un autre sang

 

 

 

 

 

 

la mort chérie

à ton cou dédoré

s'y noue par la même vertu

qu'hulule un sage pervers

 

qu'il boira au sang redescendu

tout bas très haut

d'éterniser la chevelure perlée

 

la mort chérie

même au songe qui la déserte

se souvient-il que c'est le mélange

 

dent-de-dragon semée au promontoire

 

et renaîtra-t-elle une chose ici

 

la mort chérie

si la blanche dans l'or se dénoue

par le sable qui la vente peut-être aimée

 

la mort chérie

comme le fruit qu'éclate

un jus ensoleillé par ton ventre

et l'arbre qui s'y renoue

la mort au changement qui ne saigne pas

 

 

 

 

 

 

bien après ce sommeil

où je dors

lui très haut

beau

exactitude vénérée

à l'onde de ses grands cheveux d'argent

la lumière du milieu

son œil ciselé au bleu

sa lèvre d'or sur l'orient

rubis que supporte le sol

ou qu'enlève le ciel

sinon que sa main la détienne

la clé

 

c'est là que son âge déflore la matière

 

 

 

 

 

 

"la terre

comme le ciel

et le ciel

comme la terre

où la chose est chose que j'authentique

 

et comme toute chose naît de l'unique

je dispose l'unique où la chose le nie

 

telle la lune

endolorie au rayon qui l'éclaire

et que le vent me porte

 

s'énonce le sol qui me résume"

j'ai dit que le soleil achève l'inadapté

 

 

 

 

 

 

dès le réveil

chaque rayon infiltre le vert

mais l'échec se situe au moment du dernier rayon

 

où je constate qu'il se calcine

et s'enchaîne avec ce qui est de l'or

ou n'est que le temps du temps perdu

 

quel est le jour qui indispose la grille du sommeil

peut-être celui du sommeil même

comme la clé où je ne lis qu'une heure

il ne manque qu'un jour parmi les ans

alors peut-être son image renaît-elle

que je vois sans me voir

le point où la rencontre est une poignée de terre

 

 

 

 

 

 

je t'aime d'amour

je t'aime m'amour

l'amour aimons

qui aime d'amour

je meurs d'amour

je meurs m'amour

tu meurs de mort

tu meurs ma mort

de mort mourrons

qui meurt d'amour

de mort aimons

qui aime l'amour

je t'aime ma mort

je meurs d'aimer

 

1969-Alua-1975