de Patrick CINTAS
www.lechasseurabstrait.com/lesjours
Texte intégral
à Valérie, ces vers de jeunesse.
mais Tydée gronde déjà à la Porte Poitride
ne franchis pas le gué de l'Isménos
les entrailles des victimes ne sont pas favorables
Et Tydée, furieux, qui brûle de combattre
crie comme le serpent qui siffle à l'heure du midi
au promontoire de Cadmée
accablant d'outrages le savant devin
fils d'Oïclé, et l'accuse de flatter, lâchement
lâchement, la mort et le combat, in memoriam
Poussant ces cris secoue 3 aigrettes noires
crinière de son casque, et sous son bouclier
cymbalum, cuivre sonnant l'épouvante
Et puis ton propre frère o Enyo latinus bellona
pardonne à Tirésias d'avoir tenté les cœurs
une Sœur, o Lykéios, fille de l'Hadès
trahi, trahi, trahi,
des jours et des jours
et des nuits et des nuits
o labyrinthe
o cité trahi par ce dédale, sentence
et la déesse qui a vaincu par Bab Ilo
l'œil de nacre de sa face
terreuse
elle est presque nue sur les gradins
o déesse ouvre ma lèvre
et ma bouche célébrera tes louanges
célébrera l'âge malgré les reculs
ouvre mes lèvres
par le baiser invite
et je parlerai de ton nom au nom
de tous les cœurs et noms
cachons, cachons nos vieilles faces ensoleillées
car l'éthique même est
de paraître avec la nuit
Embarquez valeureux matelots tous sur le pont du Bonavir
aspirez expirez la mer, mat'lot, c'est la seule santé
prédicant c'nabot-là!
o sang de l'agneau o anneau de sang
purifie ma pudeur outragée
épargne-moi le sacrilège
pardonne à mes hontes d'enfant
rejaillis dans le ventre des mers
Repose en paix, vieux mort!
sur le midi juste sonnant le cri de la mouette oh oui
imite pour moi le cri de la mouette
je veux me pendre à ton image
moment où le poème se brise
l'anse dans une main
sa main douce comme par le chant élu
dis-moi o vagabonde cornée o vents o marées o retours
combien de masturbations secrètes as-tu suscitées
o chère longue et amère littérature
et bien avant que de l'être de rut
et de l'être du coït, même, même, du plaisir
et tout poète digne de ce nom a dit:
"cela commence avec moi
et ceci n'est qu'une fin temporelle"
m'aime m'aime et qui conjugue
là défilèrent les paquets d'algues océanes
les jeux de l'oiseau et du crabe
les mêmes thèmes qu'ailleurs, asilium
et le rêve et la réalité jouant par l'ombre
les interférences du cœur et du cœur
le courbe définit le linéaire
t'aime t'aime sur quel mode
comme par le corail suspendu à ta bouche
car c'est une poésie de pure contemplation
une civilisation par l'inceste innove ma pensée au lieu
en instance de rencontre avec l'autre
en instance de rencontre par suite
précède-moi d'un cœur plus mûr
par les neiges autrefois de saison
par l'échine poudreuse du Graal
par la mosaïque entamée en 1454 cinq siècles durant
par les berges mauves où a bu un troupeau de moutons
il dit "que le pivot soit aussi le plus juste milieu"
invente-moi un cœur
les ruines romaines dans une mare de sang
dis joli bedon eh gloire du nœud
arrange un cœur très fol du roi
le destin y pourvoira du fond
étale la terza rima'n luz de culo ç'amour
eh lit dans le journal des strophes quotidiennes puis jaspine
sacré filou l'caron gésant par-hici
pi s'aller quérir le gral tout bollé
quand c'est qu'il est gallé damoiselle
un cœur qu'on stèle avecque escript
le passé littéraire
poème opaque sur le verre dépoli des jours à venir
mort prononcée de haute voix
et puis la lecture épiphanique
ce qui semble
porteuse selon ce qui se présente
des lustres non rêvés au feu de soi
ne sachant où commence où finit
le premier jour que l'heure envisage
ce que personne ne cachera
ce qui meurt au parler d'une autre dynastie de pensée
voulait que la grimace importune le sang
voulait que tu ne sois pas lésé du sang
o grâces pleines de grâces dites au passé
elle voulait que le mot absente le présent
argumente le futur
un retour aux vertus de l'âge
là-bas sous les arbres nus de l'îlot
doucement elle déchire ce qui l'entoure
doucement elle s'isole avec son sexe
doucement elle se prépare à traverser la rivière
et lentement elle nage vers l'autre rive
lentement approche l'autre rive
lentement l'eau infiltre le poumon
cri même des ronds dans l'eau où s'éparpille le visage
et il la regarda traverser la rivière
toute nue et blanche comme le sable
et petite comme les dunes de sable
et toute lumière comme les pyramides
o langage mère de tous les vertiges
vertige de celui qui tombe
vertige de celui qui s'élève
vertige de l'horizontale et de la verticale
vertige de l'oblique
o vertige des
vertiges
nul n'est à point dans la lettre conviée à signifier
on a mis le mort dans le zinc soudé le zinc
et le zinc dans le bois cloué le bois
et le bois dans la terre fermé la terre
on est sorti du cimetière avec les chapeaux dans les mains
on a travaillé du chapeau en tapant des mains
la fille du B.A. a dansé sur nos chapeaux
et nos chapeaux ont dansé sur nos têtes
ils ont dansé dans la robe perlée d'une catin
leur pas était démesuré au-delà de toute main tendue
P't'être que Zeus s'ra pas furieux contre nous!
le serviteur du soleil coupe le chant
des réserves de lions blancs et ors
l'horizon per naturam
envisagé dans l'optique de somptueuses
verticalités
sur le haut de l'escalier la reine nue
des chiens contre les érections immobiles
et le roi entre dans le lit royal
et la reine repose auprès de lui
et le roi bande dans le lit royal
et la reine repose auprès d'elle
et le roi pénètre dans la reine
et la reine lui donne son cul
et le roi à écaille de coquillage
et la reine comme une virgule votive
et le roi lime dans l'anus in memoriam
et la reine éloigne la mémoire
"oui
ils nous fouettent jusqu'au sang
ils nous bousculent dans ses travaux
mais o mon dieu que je suis heureuse
de participer de la présence de cet édifice
même si leur dieu n'est pas le nôtre
il y a cet immense travail qui compte
je porte en moi tout l'orgueil de Bab Ilo"
et pendant ce temps, qu'elle parlait,
j'ai rêvé être sa douce lèvre
sa lèvre au son de verre étiré
il dit: "non"
il dit:
"mes frères sont fils de la boue
et la boue m'est chère
par l'eau et par la terre
le pilier et l'autre pilier"
des putains sur les bûchers
l'esprit est une secousse des éléments près de l'abîme
voici le temps des bâtisseurs et des esclaves
voici le temps qui précède le tau
voici l'amour rectangulaire
et ils ont beau brûler les putains de la ville
jamais
par-delà les bûchers
par-delà la mort violente
par-delà les érections forcenées
leur lèvre ne prononcera le mot juste
"n'appelle pas les chèvres"
hurle Tytire semper recubans
n'appelle pas les chèvres
et n'appelle pas le bouc
ne crache pas dans ton pipeau
le lion large patte traîne dans l'arène
le lion museau gris reconnaissant
use le sable blanc traîne le pivot
large patte et museau gris Graymalkin
mon âme laisse tomber de moites raideurs
les trois ailes du rêve
les deux ailes du réveil
elle
l'herbe a pénétré l'hypotypose
l'herbe renverse l'enthymème
l'herbe est la sodomie du repos
l'herbe cache un discours héroïque
la campagne maintenant lointaine
un arbre au chapeau de soleil
l'ombre verticalise la lumière
soutien-gorge sur la lampe-luciole
ce nœud de distances et de lointaines correspondances
dans ces sourdes désertions du cœur
Capanée contre la porte d'Électre
Polyphonte et Artémis est-ce stupra
qu'elle voulait dire "n'isole pas"
le guerrier semé Mégaréus fils de Créon
pour défendre la porte Néiste
la phalange d'Etéoclos au casque renversé
Pallus Onka voisin de la porte d'Athéna
et le vaillant fils d'Oïnops
Hyperbios
Typhon et Zeus contre la porte
par la bouche d'un Hyppomédon plein d'Arés
la porte Borée près du tombeau d'Amphion
Actor contre Parthénoppée Homolois
et Amphiaraos et le portier inhospitalier
le puissant Lasthénos
croisent le cuivre
des sorcières et un bouc de belle taille
il dit: "o toi rieuse et passante rêveuse
marche au-delà de l'écume nacrée
la silice inaugure le sol passées les amours
l'algue océane
mouette ciselée
te souvienne ce que le vers énumère dans le sable"
hantise suivie sur le contour, dit-il
de ce côté de la mer elle isole toujours
sais-tu qu'il chante
et que son désespoir a libéré les intermittences
a libéré le cœur
et lire ceci:
"alors le vieux grogna
je vous ai déjà dit de me foutre le camp
et p't'être que quand vous s'rez plus là
j'pourrais manger mon pain en paix
alors ils sortirent de là où il mourait
et il se trancha les veines au poignet"
qu'il chante
et que son désespoir ne chante pas
ne se chante pas
qu'il chantera encore
alors il vit le vieux couché sur son lit
le poignet sur le ventre
sang
l'œil gris
"I's'peut qu'j'ai eu tort mais pas moi" qu'il dit
et au moins c'était la seule chose à dire
vu les circonstances
et vu la paix acquise dans le symbole et la fatalité
car la race qui est ton sang est un signe réducteur
"mais si j'ai eu tort m'en veux pas"
lire ceci, plutôt ceci:
tu m'oublieras ainsi que ton nom o porteur du Présent
la mort
rien que l'atroce anesthésie
du sens de la vie et de l'élément
rien que la dernière fois
quand j'ai parcouru le chemin à l'envers
jour des jours
où est inscrit ce qui ne sera pas dit:
la dernière usure
vienne à moi la conscience de mon cri
le sec et clair poumon jeté en pâture aux chiens d'Égypte
et tombe la première pyramide ousque je m'en vais
soleils chauds et noirs et pâle rosée de l'inattendu
quels étaient les morts gisants par ce sol
évoqués plus loin dans la pierre noire
des pensées et de l'infortune au cœur de sel
un serpent entre les tombes repère le présent
vis-à-vis des chemins bordés de scories mentales
la voix terne et taciturne toujours de l'ancolie
un serpent blanc
et le vent girant sur le tour
les hommes futurs y laboureront peut-être
l'enfer non pas le mal non pas dieu
surprises entre les arbres nus s'élevant haut dans les jours
celui que l'infortune a fait naître sur ces rives calcaires
le son de ta voix approche de la réalité
au pied du ciel dansantes
les phases diverses du passage de la vie à la mort
transes certes
mais pourquoi ce sang que mesure la fin du jour
souvienne non avec la mémoire juste dans le rêve
ce qui préside à la beauté
au sens du cri
que l'absence de poumon retient ou déloge
et répercute après l'heure
même au soir que désole l'ombre
entre le sommeil et l'insomnie
s'y vautre le vis-à-vis des jours avec les nuits
regards du dehors
vers un intérieur qui s'interpose
où le langage rencontre le sang
les visages de chaque œil en tas
au creux de la bobèche inouïe
la transe où l'ennui n'est pas mort
d'avoir recueilli toute plainte et toute consolation
désertant l'optique d'un renouveau là-bas
redescendu l'oiseau dans ses mains
ventre de feu que fornique le pleur
et H.D. se demandait
où ils voulaient en venir
avec leurs "assertions"
et toute la nuit
les putains s'agitèrent dans les couloirs
manque d'éclairage sur tout ceci
un temps peut-être nul
par rapport à l'augmentation du prix de l'amour
et toute la nuit toute la nuit
à écouter les poux courir dans tes cheveux
là-bas et c'est ailleurs
plus loin que le regard ne porte
au-delà de tes yeux
semblable sœur dorée par ces rayons
la ligne vague du soleil
comme une bouche au vocatif lointain
ni demeure un reste de ce qui reste
s'échange et vocalise haut diverses naissances
la mer abrupte qui roucoule
comme au persil peut-être
restes d'un nom isolé
parmi chacune de toutes les formes d'algues connues ici
par un regard qui regarde si c'est lui
ce qui compose l'auréole
et limite d'un cercle son nom qui l'adjective
et le dénombre en sa saison son temps
s'il est encore temps de démarrer le pas d'ici
fondre dans la dernière écume
juste limite
et mobile seulement vis-à-vis du pas qui s'y risque
de donner dans ce mouvement où il est absence
porteur du feu qui ne s'en sépare pas
aussitôt que l'air l'embrase et l'immole
sur la terre porteuse de l'eau purificatrice
par cette rive aux rocs lointains
loin les arbres du dernier séjour
si lointaine blanche sous le vent qui te porte
tu es mesuré à la mesure des vagues
contre son ventre se courbant
et nul n'a ouï de ta présence tout l'or
comme un écho mais regardé
si l'œil s'y attarde en ce moment arable
et nul n'est plus solitaire que toi
ton ombre revenue de si loin là-bas
est-ce à la morsure de l'herbe d'oubli
peut-être que s'y résout son opaque conflit
as-tu marché assez longtemps sur cette terre
as-tu besoin maintenant d'un repos nouveau
ou bien la mer encore a-t-elle demain
assez de temps dans son écume légère
est-ce à cette dent douce que ton esprit murmure
mais nul n'aura trouvé assez de temps
nul n'aura eu le temps de partager
le pain de ton blé
le vin de ta vigne
et ici l'herbe est fraîche
d'un premier rayon sur ta lèvre
qui n'a pas trouvé le sommeil
parlant toute la nuit à ce vague paysage
où la barque encore converse avec le vent
est-il temps maintenant
est-ce la pénultième toujours
parmi les mortes qui ont peuplé ton sexe
charmé d'entendre
de si justes propos
mais pourquoi les ensevelir
sous ce brusque silence
n'est-il que de t'étreindre
avec ma voix de luciole
que dérive toute crainte
de ne te voir plus paraître
le silence va-t-il nous dire
le point de ton cri
et la hauteur de la déchirure
se penche le verbe aimer
sur le participe qui l'adjective
où rencontre-t-on la voix
ton silence se charge d'autres silences
me voici proche des édifices
de la distance et des lieux
du désespoir et des regrets
des trahisons et des sentences
des fuites et des refuges
mesure ton langage je dis: mesure-le,
car tu as pénétré mes monuments et mes dieux
le soleil me brûle les poumons
mesure le rayon la clarté
je dis mesure la pierre
car en ces lieux la folie se structure
selon les présages et puis même
tu es mesuré dans les calculs
des vitraux et des fresques
mesure ceci
qui est de clore toute parole dans le poumon
en vue d'un cri sur le seuil ensoleillé de ma maison
douce au sampan de tes yeux
le vers horizontal fumigène
dans la transe vers quelque étoile
s'exalte le désir
défile-t-elle devant mes propres yeux
connaît ceci,
que l'onde modifie la verticalité des surfaces
idée fixe
relevée d'un cran
après que la septième retient une algue mauve
la dame la plus belle stagne à l'orient
depuis que le vent
déchire le mur
nuages cloutés sur les tuiles
dès que la pluie écarte
des privilèges de rosée
le temps est exact
mêlée toute passante à l'hommage rendu
le symbole au peuple insulaire
la tour qui purule à l'horizon
chaste comme l'écho
et réduite à peu de choses
près du pont tendu
entre le rêve et la réalité
mais que le temps renversât
la vapeur au gré des lignes vibratoires
des tombes pleurées plus que leurs morts
ses morts oubliés comme page de mémoire
iras-tu donc pleurer les tombes disparues avec le jour
la nuit préside au rêve
la mort instaure la pierre plus que la mémoire
au gré même du temps dis
"mémoire est hantise du jour"
la nuit exhume le précédent
sous forme de minerai
après l'histoire
après la consolation
de n'avoir pas d'attaches
au port de l'inquiétude
d'errer sur la vague instable de l'espérance
guérir d'un côté ou de l'autre de la mort
te souvienne les vieux refrains où calcine l'herbe
la maison du passage du bleu au rêve o Médée
ya aussi le dehors sacré de l'oubli feu de conscience
la tour blanche de pierre blanche
entre les arbres modèle le nu
pour changer le visage de l'instant
les jeux splendides que se joue le langage
au midi examine un corps nu
sous les treilles du vent que prolonge le soleil
l'herbe moite au gré du symbole
d'un ventre le passé souverain
par le jeu des divers styles utilisés
en vue de rendre le regard à l'œil même des choses
un sein contre la pierre imagée du sexe
pense y installer le cœur exploré plus que l'esprit
un morceau de la lèvre posée sur toi
nul n'y participe de vrai
hors la descente le long des fleuves peuplés,
sur les rives arborées,
de maisons plus ou moins châteaux
selon que l'œil s'y attarde ou prospère
en d'autres lieux où les rôles conférés au langage
sont joués par des habitantes désolées
j'y courbe le métal de chants nouveaux
autant que cela m'implique vis-à-vis du pénultième moment
en quoi Anticlès n'aura pas à demander grâce au lion
s'il est vrai que celui-ci le reconnaît
pour maître d'un moment passé dans les coulisses
les poux charmants
qui peuplent ton esprit
vont-ils danser aussi
dans les lieux du cœur
voici mille chansons
où le désir s'insère
et fausse les valeurs
mon vin pique le sens
d'avoir trop longtemps
mûri dans les caves
est-il soir plus vaste
que ce soir sans vin
où le corps oublie
de fêter les poux
qui dansent dans son cœur
o poux en ribote
assis sur mon cœur
n'ayez plus peur de chanter
que l'esprit m'a déserté
vestiges par l'attente d'un moment
les yeux d'une habitante
découlent des maisons seules
un peu de haut cabrée en feu qui juste expire
elle ripaille
et son cœur est celui d'une morte qu'on aima demain
le dernier regard que rature le visage
s'éternise avec l'image d'un plus pur recommencement
une rosée dans l'écume
l'espace propose
où le temps utérine
le cri est long
le roseau s'y console
de peine par le remords
ajoute à la décomposition des premières
l'onde rutile dans l'algue
signe la réduction de son être
le temps y commue d'autres épiphanies
puis le rêve déplace les jalousies
du sens vis-à-vis de la nudité
la presque métamorphose de soi
exaspère d'anciennes formes
où l'historicité de chaque branche
exhibe une blessure de guerre
le sang où l'interne figure le lointain
passée la saison sous les traits de Minerve
des arbres tombés au pied de la maison
mon navire chahute les vagues légères
sais-tu Mentor braquer le gouvernail
allons mat'lot la coque est suave
aussi suave que le percot
de l'ancestrale madre qui règne sur nos cœurs
dans les branchages
les lions sont-ils plus dorés que les rayons du soleil
un pétale étale sa corolle de sens
iras-tu nager dans ces mers de sang
danses-tu sur les violons du ménétrier
il fut à l'origine de toute architecture
le plus sage des princes
eut-il l'amour de ces parages exsangues
pour patrie de son cœur
o sage quand la rosée perle à son menton
vois le sang défiler dans la nuit
tu es l'ombre du côté infernal de la mer
juste assez vénéré dans l'osmose des couches terrestres
les larmes sont-elles plus douces dans ton palais
o roi vaincu l'œil est-il plus sec que le sable
m'éloigne la saison
que l'hiver para
au plus triste des chants
j'ajoute la lenteur de son visage
l'ascendance du soleil
écarte le plus chaud des regrets
o sœur à tes pieds veloutés
je dépose ce vase d'écume
ne ris pas douce villageoise
tes pas prononcent quelque aurore
et tu verras en ouvrant l'œil
la table ouverte où dansent les mangeurs de lotus
chaque heure est un présage de mots d'esprit
pour l'heure qui annonce la précédente
les mots sont l'écorce de soi
exsangue aussi peu familier que la solitude
l'urne est pleine de tout
ce qui réclame un sens à la parole
plus qu'au poète
une heure est une heure pleine d'Hadès
ya au fond de mon vase
enchevêtrée ma mythologie
recrée l'indicible
ou ce qui sera révélé plus tard
quand la langue aura purifié le dire
même les existences d'amertume redites
la personnalité
non l'entière approche des monuments sacrés
ou en forme d'abîme
comme point de départ dira non
au gisement nul de l'anthologie
saura se taire au moment de se taire
ärs litterära pris au recueil du genou
un artisan qui fulgure la matière
diverses techniques ont marqué les âges
mais la plus belle que je connaisse donc
la plus à même de traduire
c'est à dire de défigurer
sinon le corps qui pose
le désir de ce corps qui refuse
elle a pour nom le beau nom de mort
"il importe peu que l'œuvre soit achevée dans tous ses détails"
l'éthique regarde l'ensemble et non le fini
d'ailleurs ce livre est interminable
aucun détail ne saurait l'achever
l'herbe se charge de rosée
et le soleil sèche ses larmes sur un œil
épuisé au matin
comme il est dit
non pas que certains détails importent plus que d'autres
simplement
le temps usure les uns
et perpétue les autres
qui ne sont pas les plus
beaux!
un livre est une donnée et cela résume toute littérature!
le plus court chemin
de la mort au génie
est là
dans la prose
il prononce le symbole réducteur de son moi
fleurs et grimoire
signe résumé interdit le retour: abolition
pas tant qu'humanité siècle pierre tombeau
y délègue son impuissance au long vol du génie
il a élu non le mot mais son absence
le présent au passé du futur
le vin d'un mythe un seul versé grec
par les contours de la langue Syllepse dit: anakolouthon
une morte gisante sous les voiles diaphanes du destin
phallus courroucé par la figure plus que par dévotion
mais l'esprit y change
procède de la métamorphose
pas de la suggestion
si la fleur s'absente
nomme
et d'y paraître charme en gnomon bras exhaussés
la chance est du côté de chaque vers
gloire du temps d'élire qui résume le sens trophique
s'honore d'un pubis féminin exsangue et le baise toutefois
deuil sinon veuvage
récolte
diverses libations d'ordre filial
esthétique tendue à rompre l'attention
il s'agit de régler un compte avec les morts
théâtre de ce qui précède
alors s'éclaire un nom obstiné reluqueur
et s'enchaîne à toute mélodie où se noue le cœur
je n'évoque
ni les lieux
ni l'entourage
j'évoque le grimoire
qui m'est resté
j'évoque le chant
et j'évoque le pacte
l'ordre des jours anciens
s'inverse où tu parles
elle mêle aux bougies son voile
et sa jupe s'ouvre
sur de fulgurantes pesées qui ont troublé l'eau
les textes flagrants taxés d'obscurité
où la limpidité les guette
et en exhausse le souhait
il importe de dire que l'écriture
après des siècles d'existence
a effectué un sacré retour aux vertus primaires
il importe de dire que ces vertus primaires
s'énumèrent où tu t'es fourvoyé!
mais il importe peu que ta vie ne soit pas exemplaire
car il est dit ceci: rien n'aura eu lieu que le lieu
un poème dériva
para d'une inconnue la nuit
où la lumière avare
exalte le peu de fortune
siècles tus avant l'heure il dit:
secouera cette blanche agonie
mais l'histoire refuse toute syntaxe
déchaîne le soutien-gorge
par quoi le sein se mesure
ouvrant le vantail gris
de l'éclair songeur qui rassérène
celui même
que la poésie éternise
dans le chant et l'image
ne s'y ajuste pas
au discours logique
préfère la syllepse adamantine
aucun songe qui vienne
sans que le cœur murmure
sinon dans le journal
où l'évènement se détache de l'histoire
pour ne plus revenir
au lieu que c'est l'essence même du dire
l'objet nommé baigne ici
sachant où il va ni par quelle voie
il dit: réminiscence
autre qu'un recueil
fables angulaires
au cours de ceci
la nuit approuve quoi
que c'est stérile
au sexe du cygne émané de: ceux
qui n'ont pas fui et de:
autrefois se souvient
signe que c'est le
suicide
un suicide beau par ennui
métamorphose dite une fois au lieu de:
l'absente de tout bouquet
si le vase effleure la nox animae magna
rien n'est dit
sinon que tu t'éternises
dans le peu de paroles consacrées
le sépulcre est élu pour longtemps
nul n'y songe mieux
qui veille à ce que personne
ne prononce ton nom
le lecteur aura trouvé cela
un peu ardu pour son sens
mais chaque sentence est écrite pour l'isoler
inscris ceci: le silence est avare
et l'hommage le trouble
dis: ce fut une conquête
autrement ils poseront leurs yeux sur ceci:
le dernier point qui le sacre
et ils diront:
"gloire au plus long
des poètes de ce monde
que son sang se perpétue
avec l'honneur de notre langage"
que sourdes ces voix sont
n'exhumant que la cendre et la rime
diverses libations
où le rêve se brise
avec éclat de rire
plus chaudes que jamais
sont les paroles du maître disant:
solitaire habituel de sa propre pureté
oui je sais
exsangue selon l'heure
qui décroît avec la mesure il dit encore:
par une trompe sans vertu
sous les voiles la morte est d'une nudité ascendante
dans sa lenteur arachnéenne
la solitude se tend
entre les deux pôles de la conversation
d'un côté le calamus au rhizome sanglant
préfère sa corolle de vierges pétales
et dans le sens d'un secret avortement
le rêve installe des royaumes peuplés de putains redorées
cependant les mots n'ont pas pu redire la chose
avec la même secrète verdeur au réveil
aveugle mais sonore bûcher de transes torses
que n'éclaire pas le recul de l'âge
ils t'avaient dit que tu étais hérétique
personne ne peut pardonner leur cruauté
non pas la morale
o non mais l'art ciselé
dans l'ongle de la folie
l'art par le cri unguéal
la terreur et non la cruauté
le désespoir et la hantise
mais non pas l'inquisition
y los hojos más perdidos que tus hijos
voici rien n'explique rien
je veux parler de chaque côté du bras séculier
sanglant n'excluant ni la race ni la foi
et la question du sexe
et l'âge et croît le jour domine la nuit
abogado de los presos
et la pipe d'Enyo claqua
contre le pied de la table
il nous fit faire
un chemin de croix à Sainte-Quitterie
"l'important est de trouver le discours"
et puis il mit une pièce dans la fente
et la crèche s'anima
et s'illumina la crèche
"sais-tu la différence
entre trisomie 21
et translocation 13-21 non bon"
et alors seulement
il exposa son cœur au soleil
et il s'amusa à peindre avec les cendres
et cela lui procurait beaucoup de plaisir
saco bendito y san diego sobre su cabeza
et le curé nous invita à discuter
et il prêcha la masturbation et la pédérastie
mais il ne parla pas de femmes
et il dériva avec la bouteille ancrée dans l'Adour
Hele Hele lamat zabac tani
"une étoile à l'œil bistrée"
Zeus dementat quos vult perdere
j'ai pénétré l'épi sanglant et la terre dorée
un livre tel que la signification s'en détache
à la manière d'une feuille de sa branche
exactement de cette manière
et non pas d'une manière
qui fait penser à la feuille
qui se détache de sa branche
il redira que le rêve est une maturité dans l'âge
quatre saisons puisant au puits
de l'infortune et du langage
tenu pour la parfaire et y renaître
la nuit a réveillé la graine dans le sillon
morts
beaux morts
morts exsangues
morts tus là-bas
au moment de la première semaille
et le vent remue les tiges sanglantes
et dorme plus d'un
qui se souvienne avoir rencontré
le bonheur sur la terre
coquillage de sang
nul bruit d'une dent qui grince dans le sillon
ou verticalise avec le soleil
les morts couchés sous cette pierre
nulle réminiscence au tombeau
enchanteresse au cœur de froide saison
et puis est descendue dans les maisons
a déposé les paquets d'insipides algues
au seuil de chaque maison
s'en est allée
l'aurore papillonna dans les pattes de la rosée
et puis l'orage s'annonce par-delà la rivière
a jeté un vent inouï sur ces berges dorées
s'en est allée
et le cœur s'enchanta aux délices
la saison déroula comme des papyrus d'antan les paroles
et le songe s'y résolvant
et puis parla de diverses amours éludées avec les stèles d'ici
il pinça la dernière corde de l'instrument à vent
et puis s'en est allée sans dire un mot aimable
et le cœur désespère d'avoir changé d'adresse
je dépose mille offrandes
au pied de ton cercueil
elle dit "la gloire attendue
dans ce paysage de défaite
le jour annoncé
par le soleil de mes vingt ans
oh comme la ressemblance
est source de délices et d'infortunes"
et je dépose mon sang
à quelque distance de mon poignet coupé
je recrée le pacte diabolique
mon chant procède de cette vertu
et l'aurore est plus virginale
ma main s'isole
et recrée l'acte vide du coup de dés
mais dans le sentiment de l'apparence
nulle main n'est plus légère
à agiter aux fenêtres de la maison
lieu désolé
errance mot à mot
Kères désertée par le rêve
dates incertaines
"j'suis pas ton pè-ère"
durer avec l'éclat du miroir
avant qu'il n'accède
à la pureté du sol
dont il s'honore
le poème long
comme la première heure
le corps traversé
de bises gelées
à même le cours
de l'heure prochaine
nul n'est plus léger que le vent
parmi les habitants
des sables lointains
tant chauds à midi
l'heure s'abrège
avec l'approche
du dernier crépuscule
le sommet m'explore plus que je ne l'explore
je suis la branche torse
émanée du sein de Déméter
et comme je sens ton lait
blanchir tout l'épi
chaque semaille dans cette terre
est toujours plus rêveuse
de rejaillir plus haut
et de ne fendre plus le sol
je suis l'eau de l'arable
et la verte démangeaison
des chemins en croix
au passage des saisons
l'isolement est long
et soupire des cantilènes
moins sombres tout de même
que mon feuillage de passions
mon sang recueille le grillage
qui périclite avec l'aurore
les charmes purs de tes yeux
sont comme les dents émanées de l'écorce
mille saisons y rassérènent
le cœur et l'esprit
iras-tu cueillir le rayon du soleil
si ta main est assez longue et fine
pour traverser le métier monté de gloires futures
connais-tu d'autres chants
où la passion naît d'autres signes de doutes
rire dans ta lèvre concave
et y pleurer d'amères rêveries
creusant le tour des corolles saisonnières
que la pluie tance
ici l'usure est un signe de résistance
au mot même qui n'a pas le moment
de se passer de toi et de ton amour
l'eau susurre des chants recueillis
le ventre de Pomone isole sa virginité
et Smyrna accouche d'une écorce
où le dialogue se forge des incertitudes
à ce point où la langue métamorphose
la moindre nuance de ton ou
d'accent
éternisant un retour
à la forme qui précède
le désir pétille
avec parfum de sarment de vigne
où la métamorphose est le moyen
de situer le sens hors de toute
direction
le muscle même sent se prolonger dans sa fibre
l'hérésie qui éclaire les ruines de Tell al-Amarna
où le soleil est une forme inixique de la beauté
elle ne dit pas assez pour toi
et ne le dira pas
mais elle veut bien si tu demandes
elle veut toujours quand on demande
elle est l'éternelle prise de vue
développe un désir à l'article de l'unique
coule dans son ventre diverse aurora borealis
ou simplement éparpillée
comme l'étoile à l'heure du midi
elle est le temps d'ôter son masque
avec la mort
le temps est espérance
espérance vitale
et de renaître un jour
dans un jeu de miroir
l'illusion est parfaite
au point de rencontre
de la croyance et du besoin
la croyance comme racine du moi
racine dans la terre habitée
et le besoin comme maison
contre la saison des pluies et des vents forts
avec la mort le pain est suffisance
avec la mort le vin est délivrance
le pain est rompu selon la racine
le vin est tiré selon la maison
nul ne ricane ni ne se vend
pour un délai plus ou moins long
l'espérance est un raccourci
non de la vie mais du verbe être
et la saison qui s'annonce dans l'heure
est une réponse emblématique
claquant sur le toit de la maison
le ricanement est hors de saison
la vente n'est qu'une enchère
enchère de soi et enchère sur soi
le pain et le vin ne sont pas les substances
sont comme les filles du premier jour
le bras balancé dans l'attente
le cœur saisi par le regret la lassitude et le désespoir
la vie n'existe pas dans le travail quotidien
et le travail s'annonce
dans l'heure
la seconde
le temps le plus infime
concevable dans les limites du repos
la gloire est longue comme le désir
et la mort y plonge des mains
passionnées
la mort est un suicide devant l'échec
avec elle l'enfant raté renaît dans son nom à venir
l'infortune y consomme d'insoutenables heures
le pain fondu avec le vin à table d'hôte
et l'espace fumé dans le museau du devin
elle exhale un trompe-l'œil
le xénofils imberbe peau d'nœud
regardant à travers le compte des jours dormant
et suivie dans sa soutenance
y pérénère un gars fort biau du cœur
qu'a la main chouravée faute de s'amener moins gauche
et lui lance un regard fâché
sur quoi il se gratte le ventre
pareil qu'il sent la moule lui gratter
pourquoi qu't'aurais pas l'escargot adéquat pour m'y plaire
eh fadas eh rince un peu l'œil que j'amarre
como si the devil était kin tao
mais la tête perdida d'avoir
believi'qu'c'était arrivé
pero el heart 's amarantus y vide
el demonio wasn't so caro
pouvait pas l'avoir à meilleur precio
los hojos más perdidos que tus hijos
oh just a little cry whithout toi
croyait que l'ordre était olvidado
dans l'esprit des asiliums précoces
mais y en a uno who canta a-au
who vende todos los luumils
et ce n'était qu'un gradin de cartón
como si creen que el devil's kin
mourir
et ne plus crier dans ton sein
o terre madre mía et blanche
et proche qui m'a donné le jour pour visage
crier
qu'il est peut-être temps de se crever le cœur
mourir
et ne plus crier o vibratoire azur
où l'âme a la raideur de la corne noçante
Io si la table est demeurée
là où j'épouse ce qui me résume
et capte avec mon cri
mourir
et se taire doucement
o mer flux torse de morts
les pères sans nom noyés
par l'abyssale chevelure des sirènes
morir
morir
quiero morir
crier le dernier cri au bûcher fou de ma cendre
avant que le feu s'y absorbe
dans la tâche stellaire où mon nom se consume
la gloire est songe
que peut-être il est temps
temps d'isoler l'inerte
dans le geste révolu
quand pleure y rassérène
une idole d'or
toise l'arrêt au-delà de ce qui meurt
les chants sont chants de désespoir
ou ne sont pas les chants habitués
de moi qui hurle pour les goûter
le pendu bande au bout de sa corde
son sexe comme un cri d'avoir joué
l'extrême de la sentence
la raison y perd de quoi se fondre avec le cri
et la folie repose dans le mystère de tous suicides
la saveur de ton sexe
se retrouve sous terre
o dernière sirène
pourtant ma bouche a bu
le sel de tes paroles
et ma main a creusé
ton ventre de poisson
j'irai comme cravan ou vaché ou rigault
irai-je comme toi détacher une à une
les écailles du bout de son corps
là-bas l'astre s'absorbe dans sa propre substance
est anthropophage et dit: Pouce!
tu impénètres mon cœur o Kérès
le poil blond de ton sexe courbe au vent
le mystère profond de tes jours
ceux exhumés dans la récente fièvre peut-être
quelle chaleur plus torse dans mon cœur o déesse
et que la brûlure est atroce
si tu la prodigues sans lever les yeux
vers moi qui hurle de terreur de terreur
mon cœur se noue avec ton œil
y puise un renouveau des vieilles hantises
par l'or proféré
dans la pierre vulgaire et stérile
mais ton ventre est enfant d'un pays brûlant
où chaque monument s'écaille
et nos maisons hantées par les délices d'un sexe blanc et or
o chienne sacrée
protège ma vigne
de la saison qui s'annonce
voyageur bois de ton vin!
il est chaud comme le soleil
qui l'a mûri dans ses rayons
o passante tu es nue
et tu pétilles dans les sarments
parfumant ma maison
moi moi je suis né d'une autre étoile
celle qui purule dans mon jardin
et a grandi au sang de mes blessures de guerre
ne me demande pas
murmure seulement un nom quelconque
au seuil de ma maison
murmure un nom sans nom
le mot le plus obscène
en recuerdo
en recuerdo
mon nom ouvre la porte
chuchote à ton oreille le nom-clé
coule comme une guivre édénique
et m'encense avec alua
au diable les maisons pleurées
et leur seuil noyé de lumière
les arbres nus dans le jardin
et la fille pendue à la grille
qu'aillent se faire foutre le cul
les vents tombés dans les feuillages gris
torturés par leurs ongles
diable et poursuite dans ce ventre de boue
enchisos enchiseros
que se mueren todos los recuerdos
qui me grisent le cœur
j'irai ramper como la serpiente ici
veule moins chaude que ce sexe brûlé
hurle la voix des bûchers
dans la place
où le pavé patine tous les recours en grâce
now is the time to remember de recuerdo
'n not to die here but vo do
cuando el amo quita su casa
'n to cry whithout documenta
dat's de time 'n not de space
de new comon heart
'n your blood in my eyes
pero los hojos son perdidos en tus hijos
'n nobody 's de memory
not to sing my memory but yours
not to cry into pecho
l'angoisse récente à jamais
si magna's de nite 'n so
don't be rey don't be rey
but just a beast
una picha torcía
buvant la semence
là où s'isole un chant nouveau
ce que l'écrit manque de dire
la langue devenue langage
par-delà les oppressions économiques du capital
devenue inaccessible dans son intégrité
même l'érudit qui?
j'expérimente cet éclatement
la clé de l'écrit
ce que Bouhours manque d'enfanter
le veda savoir mais à la clé
pure émanant de cette distance
où le lieu de nos conversations
est un nœud des coïncidences les plus diverses
celles que l'histoire isole du contexte
de ce vent
où se mêle la nuit
à la sœur aimée
sinon le luxe de netteté transparente
qui se fige
à l'horizon du regard en croix
sur d'éternelles raisons de vivre ailleurs qu'ici
loin du tohu-bohu des circonstances présidant à soi
la maison au large creux de soi
raisonne-t-elle encore des sons
qu'elle a cueilli quand elle
bruire dans le jardin entre les herbes dorées
d'une aile attentive à ne pas troubler
le silence d'autre diversité d'îles,
pareilles à des cris seulement pensés
est-elle aussi sourde qu'on le dit
la pierre couchée au seuil de la maison
comme endormie ou morte
la maison réveillée par un rêve mobile
même si nos pères endormis
sont le témoignage souterrain de l'impossible fils
oseront-ils bâtir et rejaillir de cette voix
pères doucement d'or
par cette voix signée au nom de l'infortune
oseront-ils tes fils élever la même comme un cri
oseront-ils
mes fils
hurler par cette voix lointaine d'obstination d'étonnement
que la pierre est signe de croissance
seule lecture
envisage de creuser
où dresser les piliers
et d'y paraître
comme dans un royaume
puis que tu n'as pas tenu parole
contre le gré des forces d'où renaît l'incréé
livre dans la main
il est ce que j'ai vu de beau
malgré la convulsion des paysages
et des corps y muant la sévérité
de leur chair misère et volupté
l'idée contre le pas
l'un ne guidant pas l'autre
mais se heurtant
sans comprendre la beauté
des lieux qui a fui à jamais
les noms qui me composent
"l'écoute a changé de site"
ce n'est plus le monument d'ombres et de lumières
mais l'image s'inverse
ou s'ajuste au regard
selon chacune de ses faces
recréé le sens perdu un moment
n'égare qu'un relief trophique
peut-être retrouvé
où s'installe le nom
de toutes les métamorphoses du langage
dans les noms de site
et d'un temps extrême
où le cri se répercute dans tous les sens
et déchire au sanctuaire son masque sacré
car le mot était, profanation
et ce mot était inscrit dans le temps
sur les marches du seuil
attend que la nuit tombe
et qu'une aurore
enchaîne sa raison au pilier
au midi rassérène un cœur
qui se déchire d'être au cœur des entrailles
et d'y changer
des heures pleure de sang
et le soleil pone sur la cité aux sept créneaux
et là contempler? connaître?
non crier le cri
qui toujours figure cet
inachèvement
luxuriantes déesses pareilles
à tes seins d'or nacrés
au vent de quelle raison se perdre
sinon dans l'aile de tes tourments
et je mens de savoir
si quelle force se meurt
d'y reparaître intense
et pourtant sûre de soi
malgré une aurore avenante
de chastes et joyeux devis
où chacun se retrouve
quel est le lieu suprême
où tout se résume
à quelques signes de la main
signant que c'est l'achèvement de toute raison
il y a dans les bois de l'esprit
des myriades de feux courant sur la grève
et dans le sable et l'eau
que limite le vent
diverses sépultures d'ordre phalangiste
et peu c'est peu de savoir
que tu es née de ce coït féroce
que la chaleur ne rassérénera pas
douce à la crypte en bistre
des lèvres brûlantes de ne pouvoir résoudre la question
si telle opacité de feu se coudoie
et d'une coudée avance dans l'heure
alors pourquoi la chance d'être né
autre part que dans ces parages
désertés du cœur
assomme de purs éclats
le front nimbé du solitaire à la voix de crécelle
réveillé par la foule
non pas aimer dans le retour
de tes métamorphoses au sein du texte
mais te suivre pas à pas
dans la rousse exhalaison de tes feuillages
l'idole au ventre de basalte écume de douceur
hormis quand c'est le vent
qui voile ton désert d'une main nonchalante
telle la précieuse circonstance où s'isole
la dernière saison d'une nuit sans retour
o que de fois ai-je senti
le lait de ta puissance rejaillir
de là où prenne source le cercle polaire
et d'une saison moins douce heureuse passée là-haut
esseuler les principes écœurant
de l'inceste au bois d'insecte
m'enivrer de la seule passion
où l'infortune est le temps de rasséréner
toute la vague
et les morts dansants sur le ventre des tombes
qui dit que demain
est le jour choisi
pour révéler ce que cachent
les entrailles du devin
et réclame un trône
où reposer comme mort
et peu encline à y choisir
entre le myrte et le laurier
le plus à même de passionner le dernier éclat
résonne la voix sourde des héliades
dans le cœur paralysé
résonne le feu de joie
installé dans ces plaines
mus par ma seule force de vivre
métal pleuve de la jaune obliquité
selon que je décline
vers l'orient ou
l'occident
d'un signe de tête
m'en écarte pour le midi
et peut-être que
les nuances de la peau lézardée
qu'arbore une femme
engoncée dans la mare
facilitent la reprise
du refrain ébauché
même si c'est l'heure
où l'autel bifurque
dans la quelconque maladie
de l'esprit du cœur ou des entrailles
et calligraphie d'une main suspendue
le caractère hallucinant qui dit
que les poètes ici rassemblés
sont des oiseaux de pure instance
et que leurs chants désespèrent la piété et le mal
eau de boue teintée
dans le soir qui sommeille
d'un œil à demi clos
sur les vagues présents
par tant d'esclaves nus
dans leurs robes de pierre
il a taillé la plus grande partie du monument
au prix d'un sang innomé cependant son nom
étale un rien
de cette opaque liqueur
sur les stèles de ton corps alangui
possible qu'avec le heurt des saisons
ton cœur y gagne
les rives rêveuses de l'eau au bord de l'île
pourquoi n'iras-tu pas saisir
une autre idée le long de cette vasque
où coule un vin si doux
et proche de griser la moindre de tes vertus
les rames de ton arbre sont plus belles o Myrto
quand le soleil s'y enchaîne
pour décrire son nouveau lever
en hommage au dernier couchant sur la grève
nue pareille à un sarment
tortillé sur l'ardent bûcher
exhalant l'odeur de la vigne crû pour le vin
et la graine moins sade que la pulpe
au sol qui la dérange dans son
intimité
s'il a élu de refondre une aurore unguéale
d'une fulgurante rayure au
lever, ce soir
le ventre ancré
et la poitrine clouée à ce roc
survolé de divers oiseaux
dont l'instance est de creuser le soleil
les jours
et toutes les obscurités dansantes
la nuit isole ce cœur
dans la pierre de tes montagnes o Zeus
ainsi que vaque aux offices du père
un fils à la phalange de nacre ciselé
que son pas le mène
où les jours sont mesurés
à la mesure de tes jeux
insouciants avec les dieux
o fuse un jet tranquille de cette eau étale
si le bec ne l'a pas ondée d'un premier cercle
et là dans cette attente
et cette lassitude
se demande pourquoi
ignorant le détour
qui l'a mené au site le plus beau
du sol où je nais
de cet inattendu
qui le plonge dans d'éternelles processions
sur le tour des fleurs
comme qui butine
un papillon
mais sur la seule
et de toute une vie
n'en ôte que la couleur
si la substance demeure
ce qui est incolore
au moins à tes yeux
compagne du nom à venir
où sans que l'œil
ne s'y attarde plus
que l'instant de la mesure
une pâle résonance de voix
atteint le point le plus haut de l'accord
entre le rêve et la réalité
et d'une ombre transparente
mire la vague présence
une main cherche à pénétrer
le flanc de ces collines désertées
mais brise le miroir
où la transparence n'était qu'un reflet
pâleur pleine de tes hantises o vérité
la pleine lune descendant
ici à même l'heure éternelle
qu'on s'y recueille ployé
comme le jonc
sous la force d'un vent venant d'ailleurs
torses de fumées diverses
d'autres pays non le mien
peut-être le pays
où tu dors dormeuse
au sein gonflé d'enfantements
quand les nuages abaissent
une légère opacité de blanche salaison ici
et c'est l'heure où le premier rêve s'incarne
si le colore un des joyaux
que tu portes
pour te parer d'un cercle solitaire o Kérès
vers le minuit claquant
dans ce toit bercé des convulsions dorées
que se confère une nuit
tranquille par l'oiseau
par le crabe enfoncé
le sable raclé de coquillage dans la marée
juste qu'un toise mon propre regard
et d'un éclat le trouble
de surveiller le mouvement de sa présence
lui penché comme un salut pour regarder
maintenant les yeux
de celle qui mourra
de la mort violente
sont les joyaux
les plus reposants
pour le regard
même si mes yeux
contournent les paupières
closes à demi
sur le regard inattendu
vers un qui doit être nul
si je le compare
au suicide per naturam
regard de fenêtres voilées
où je penche et m'isole de sa candeur
que ne soutient pas le regard
sitôt jeté dans ses voiles envolés
un bond
dans le vent de ta chevelure
que la pluie inonde d'ondes blêmes
le corps saisi de transes
que tu n'expliques pas
autour du nacre de tes épaules
d'autres bonds
assurés de l'appui et du heurt
il est idéal
mais pourquoi
ce chambranle noué de transes
dans notre ciel de lit
et ton sexe se balance
sous la langue est-ce la mienne
suspendue à ton suspens
se déroule l'atroce défécation
la morte aux yeux de sang
fixe la dernière odeur
la plume a cessé de tourner
dans le ventre qui s'ouvrira
l'odeur du jardin mêlée à celle de ta peau
l'odeur de la saison qui virevolte en moi
est-ce une autre odeur
la feuille mouillée dans la pluie
l'oiseau est plus léger que la première ondée
l'oiseau est un vol de toutes les blancheurs
l'oiseau est un arrêt sur la branche de l'arbre
odeur d'écorce ouverte sur la mare au pied de l'arbre
smyrna étoile d'œil toute l'onde à son sexe délire
marche
ton pas régale l'ancolie au cœur saignant
l'arbre
est-il tombé après ton passage
l'arbre
n'est pas tombé
l'oiseau
a cessé de voler ou de se poser sur les branches
le passage
est-il plus sanglant
d'autres
chemins de feuilles
d'écorce
arrachée de pierres de pierres
isolément passeront-elles sur la même traverse
et si proche
que l'air est doux maintenant
et voici
s'éveiller l'insecte dans l'écorce exsangue
une larve au ventre usuré
- et la hyène ricane sans te voir
comme un méandre inachevé
pour ce qu'il est interminable
et dont l'ampleur décroît avec la profondeur
il résista
marche
auréolé d'aurore
vers ce point visé toujours plus haut
malade d'être pur
ayant gagné le seul souci de reparaître un jour
au conseil magnifique du suicide
quelle dame succède
et s'honore d'en être un nom sans l'initiale
o ma mort
mon seul bien peut-être ici
au nom de quelle dame sans mercy
n'évoque qu'un cœur ce cœur séparé
procède-t-elle de stances maudites
et de son bras
chargé de tous les changements de lieux et d'âge
regarde-t-elle en m'oubliant
ce paysage qu'on désole à force de présence
ou qu'elle refuse le seul salut
qu'il décline avant de se fondre avec l'horizon blanc
comme un soleil au point de ne paraître plus
qui est-elle
et peut-être ira-t-elle danser dans nos mains vibrantes
o quel soir pourra nous charmer
me dire au moins le sens
de ce recueillement
de cette attente perverse
et nous assis entre les colonnes
bassins
palmiers
soleil redescendu de là-haut
et qu'on regarde
les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom
en quelle année de leur âge
eurent-ils à léguer leur raison
ou n'est-ce que ton nom
qui pleure à nos côtés intangibles
mais là
et nous assis dans ce jardin
dans les carrés de fleurs
notre nom n'est-il
que de mémoire on ne cite que l'attente de ton nom
même ou bien de tels regards o muse
ont-ils déjà les yeux éblouis
d'avoir maudit ton nom
le sais-tu
que pour nous ceci n'est que le vent
qui importune notre épaule
un vent levant là-bas
le regard ébloui de l'attente attendue
o mortes
mortes
et peut-être toutes recueillies
de rencontrer cette attente lointaine et aveugle
qui ne paraîtra pas tant le soleil l'exalte
à ce point de son âge
et nous
assis
et nous
les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom
regarde muse légère
penche ta chevelure sur ce cou
qui s'offre vide le sachant
regarde ce regard immobile
qui va s'éterniser ici
les yeux éblouis d'avoir maudit ton nom
je suis l'astre et la nuit
l'astre dans la nuit qui dérive du jour
qui suis-je sinon
l'heure du beau qui ne sera pas dit
je suis le point de rencontre
de l'acte pur et du rêve sacré
selon la
page
voici l'idée
o moi consolée
qu'il se pleure avant l'heure
que je l'y délaisse
aurore
ou premier rayon
ou ce rayon qui seul rature la nuit et le jour
je sais
que seule et seule
parmi ce nombre
tu gis
blanche d'un voile
qu'il n'a pas soulevé
ou même si ce vent l'épaule
du peu qu'il isole
dans l'heure qui survienne à temps
ne sais pas de quel bouquet s'égare un marbre
que nu l'aurore paraît vaine à tout regard profane
et que seul te sacre la poreuse absence de cœur
qui toujours première hante le jour opiniâtre de ses noces
peut-être moi
songeant près du bassin
à ce qui ne sera pas ne sera
jamais
le futur même opiniâtre d'ici
et d'éclats parsemant le visage descendu
et l'inaugurant peut-être
d'un regard qui l'innove
au seul chant d'un âge
où ses yeux regardent
ce côté de la transparence qui nous sépare
l'oreille au creux psalmodiant le rien
qui va renaître avec la très soudaine apparition
o blanche saison
la voilà qui sème déjà les dents du dragon puis
là-bas s'exile avec la crainte d'en finir
est-ce le cœur au défilé de rêves minaudant
ou bien je n'espère que ta mémoire en moi
est-ce Io qui use son sexe de corne est-ce toi
dans combien de temps verra-t-elle le temps
paraître moins abrupt à l'égard de son ventre
ou n'est-ce qu'un rayon qui traverse son œil
où est ce blanc et or voile de morte
que tu exhibais jadis du temps de l'éternité
n'est-ce que l'intruse connue peut-être sa rivale o sang
osera-t-elle
et m'oublier
amère ou lasse
par d'importunes mains
se croisant sur son sein
ou raturer d'une vive secousse
tous ces monstres en grâce
et recueillir dans sa main tant opaque
diverses libations
dont témoin fut ou sera
malgré l'heure peu vaine d'ici
ce bouquet d'extases présentes
en le col diaphane de sa tige
d'où redescend peut-être un pacte moins docte
est par cet œil qui se cabre
au désir de sa chair latente qui l'attend
ne savent pas quelle saison rêvée
le moindre du seul souci incriminé
ou plus torse qu'au pleur du cratère
buvant leur ivresse osera-t-elle
assez douce pour l'heure
jeter ses larmes au bassin
et d'un jet d'eau réclamer qu'il arrête
au moins un temps parmi les temps d'attendre
nous
yeux levés vers ceci
qui doit être la même fresque rencontrée
jusqu'alors
une année
l'année de la mauvaise récolte
ou diverses moissons avortées
de n'avoir pas su quel sang m'élève à ce rang
où sont-elles
qui n'eurent qu'entrailles et cœur à cette place
j'y viens
viens toi aussi
courons à ce mémoire
semblables
o tant
et que tant m'offusque telle
ne crois pas m'isoler dans ces formes
et nous
regardant gravement là-haut
quelle force le meut de susciter
le moindre des regards
au vertige du contour caché
selon l'apparence des voûtes
adversaire même du mythe qu'il va créer
si l'heure est pour nous de contempler plutôt ses yeux
je connais ce point de la parole où la bouche
de se clore peut-être
n'émet que le regret des premiers mots
ce mot même au moment de naître
B.A.Boxon
vérité sans gloire
ah que te sert-il d'en écrire aussi long
pauvre coureur de jupons profanés
si c'est pour renaître en un tel livre
au moins le sais-tu que B.A. se lit boxon
de l'astre qui opère sur sa face zélée
la multitude d'yeux éblouis
yeux tendus dans le suspens d'autres astres
si l'ascendance d'âge en âge
n'y recueille que cet horizon profané
doit-il quelque jour puruler
le sang
zéro pointé vers l'aile légendaire
y noyer sa blanche chevelure de nymphe alentour
sans qu'irascible s'élève une noire hantise
que l'or même s'y perde
nul ou me nier même si elle redescend ici
son ventre au sol se nouant
et vous verrez alors peut-être o combien sans mercy
recrée du vide un vide plus brûlant
qu'elle a mainte fois parcouru sans vieillir
poésie née d'une chambre close
qu'est-ce qui est clos
ce paysage mué en vents herbes toitures
n'est-ce que l'eau la fenêtre
j'y coule un regard
le même qu'ailleurs ici se méduse fleurs?
et pirogue opiniâtrement vers là-bas
où se fond le sol avec le soleil
close stigma diabolicum spatula
non car je sais que ce mur arrête ma
pensée
pour ne la répercuter plus haut
que c'est là entre moi et moi
que le poème s'annonce le même
un cri redescendu toutefois vim patior
à l'issu des premiers pas de ce poème o moi
se peut-il que je décide de vivre
se peut-il que cette attente conclut à la vie
se peut
et désormais ne sera plus question de crier mon désespoir
juste réclamer la douceur
changer le luxe pour le confort
le marbre beau pour le repos nacré
le vague pour l'opaque
mais n'y suis-je pas déjà entier à cette chienne de vie
moi l'inix horse'n horse attock in the devil's name
à moins que vieux pervers je sois simplement ivre
que j'ai bu de cette eau qui rend aveugle et fou
dois-je reconnaître un visage et le dénoncer
est-ce que mon règne et ma justice s'égarent ici
entre la vie et la mort
ou la santé et la folie
au moins si tu te retournes
le futur comme hagard ici
même au cri que lance un seul présent
avance jusqu'au trône
mais qu'ai-je à présenter
sinon la vanité de mon cri
la vanité de l'arrêt
au point fixe de l'aurore
si l'aurore est ce gnomon
stigmates d'une nuit
seule nuit
va-t-elle si je m'avance vers l'autre visage
me rasséréner au prix de ma coïncidence
ma réalité
augurer que c'est là le lieu du seul visage
per anum peccatum sodomiticum commisit
je voudrais que mon chant
soit le plus sain des simples
simples d'esprit
simples de corps
mais sain au-delà du chant
et là où la santé n'est pas simple
la note accable la suivante
l'image est sans regard humain
le mot se désole d'être quand même mot
l'immobilité se fond en crispation
au point où cesse la simplicité et où commence la santé
là o paradoxe la maladie s'isole
et recrée le sens dans le sens d'une plus grande cacophonie
que ton corps soutienne ce vertige
languisse plus haut que le soleil
et toute récente de rosée
cher corps descend dans ce ventre désolé
soleil
me brûlera le cœur
et un cœur soutienne ce vertige passager
redescendu selon la verticale de ta présence qui me fuit
o poème ce rire
temple de sable
l'idée contre une plus docte
selon ton œil
o rire vague
même autre idée
espaces rois formés là-bas peut-être
avec l'ennui
pubis à mi-ciel haut déjà
sol menti
vague o roc perverse idée
o solstice
peut-être vacherie d'un océan hagard
comme qui le regarde au bond de l'horizon
pour parfaire le cercle
midi rit du bloc calme d'une sainte
l'œil mué en l'œil même pôle et soleil
ce pour quoi il l'installe
o foutu continent
et toi
o captive du lieu
silence des pères
néant de l'attente
arc même et non salut
acte du seuil
midi
sol même
un pubis céleste o silences
maître du pur miroir
long chaste reproche devant
d'y voir paraître avec le jour
une autre ombre qui stagne
et s'absorbe la docte raison
tue par ce pouvoir
élan qui vaque en ce lieu dit
miroir
o forme des formes
le lieu n'est que ce lieu
où s'assemblent les ressemblances
en ce cri reflété
que répercute le silence ou l'immobilité de ce silence
allitère l'énumérée réflexion
de la lumière sur l'eau
qui l'étoile une
l'astre ici inscrit
impur de s'y recréer
au point de paraître informe
des heures à contempler
au moins ce visage
mien si je l'importune
ou est-ce ton œil qui me reproche
de n'y pas ressembler
redira peut-être que l'instance s'épuise
à vouloir isoler son compte
comme s'il l'eût réfléchi à rebours
inversant la moindre distance
où le miroir opiniâtre se parfait
tel que ce mot même rature son sens
au moment qu'il est de désespérer
d'y voir naître une proche clarté
celle émanée de tout regard qui cela
je suis l'échec de ma propre raison
l'échec de la coque sur le sable
ce n'est pas assez pour me recréer tel que je suis
l'échec du pas sur le sol
ce n'est pas assez pour m'élever
jusqu'à l'instance de moi
je suis l'échec
ma raison a échoué sur une rive quelconque
pourvu qu'elle limite ce plan permanent
lisse de son argent étoilé
je suis l'échec aux portes de la découverte
cela suffirait presque à ma puissance
le cri est une modulation
dans le silence des poumons
invités à se taire
dans ces lieux
ne parle pas donc se tait
bruite tout au moins ce qu'il veut dire
si c'est possible à l'oreille
mais n'écouter que la fréquence
c'est mesurer non pas regarder
il importe avant tout de regarder le cri
comme on regarde un corps
que l'oreille est soumise à la ressemblance des poumons
de recréer le signe même
par quoi tu erres
femme
et non pas fétiche
au moins de s'y absorber
ne lira aucun livre
qui ne dérive sur ces bords
lointains certes lointains (....) de la folie
de la folie (....) l'âcre saison
diluée avec des franges
dont elle s'honore cruellement
dira pas le bronze échevelé ciselé que c'est ici
délirante de longues virtuosités
ne crois pas me faire mal
ne crois pas ça o muse
qu'idolâtrer ton sein de marbre
m'éloigne de la faveur des dieux
ne crois pas m'isoler du reste de l'Olympe
il n'aura créé que pour te plaire
elle est aussi douce que ça
et d'un socle se river comme racine à l'arbre soutenu
ne crois pas que le son de ta voix domine mon chant
ton haleine est toute parfumée de mon cri
de ce côté
l'or comme l'eau
étale
et de mortes rafales
dans le bord
fugitives
des riviérantes eaux
épousées selon la forme
des rencontres fortuites
ici si c'est le lieu d'élection
eau et non terre
à ras du monde eau et non terre
il y a le feu
errances de toutes les formes
l'or comme le feu éteint
la pœia
ut doceat
ut moveat
aut delectet
certes
mais seulement du côté de la lecture
car de l'autre côté
l'écriture n'a pu que s'interposer au lieu de la séparation
au viol des yeux
qui se sont fermés
pour m'étreindre
et me composer
le bond du long regard
qui recule ou avance
sans m'atteindre jamais
à travers le corps qui m'aime
que j'aime
si le temps
ne dure au moins
cette distance
ce n'est pas tant l'attente
que la distance
qui déroule ici
ses heures étrangères
peut-être le moment
où nos mains ont élu d'autres corps
le moment qui s'annonce chaque fois
que nos lèvres s'éloignent
un jour
lasse d'écouter les mots
d'où je naquis
tu es morte
et tes yeux saluent qui je fus
serai-je si tu ris
d'être seule à présent
si seul avec l'amante
qui redore son deuil
au prix de quelle saison
le corps que je salue va-t-il
gagner le dernier repos
entre diverses tombes qui erre
et reconnais que tu es toujours la première
je chante
la morte
aux yeux d'hyacinthe
la morte évanouie
quand j'ai connu l'amour
o morte
dérive-t-elle
ta chevelure
entre mes mains
ta chevelure me charme-t-elle
elle isole le repos
dans les heures closes à la découverte
que je chante ton cœur
et ton cœur toujours dans l'amour méconnu
à celle qui ne me lira jamais
de n'avoir pas connu
ni l'ombre qui je fus
ni la lumière qui je sois
d'être l'autre par ç'amour
peut-être à celle qui de me lire
dira que non
ni ombre
ni lumière
qu'un œil saura demain qui aima
s'il n'aima jamais qu'elle
à celle qui du peu d'amour
n'a su résoudre un pleur
au moins le même que celui
lâché pour une autre
celle qui honora le bouquet qu'on dépose
hante-moi
o muse immémorable
hante le cœur
et le cœur de ma présence
o recrée la hantise du sang
hante ce cœur
o immole mon corps au pilier de ta mémoire
mon sang cumule dans l'épopée
que je respire les parfums de ta bouche
le temps de me remémorer le cœur
ma transe innove-t-elle toute jouissance jadis hantée
qui est la dame sans mercy
au paysage qui dédicace
le livre de qui aima
la dame a-t-elle ri encore
de qui la nomme ancienne peut-être
au paysage qui la para
madame est-ce l'orient
qui occidente la mémoire dès demain
n'est-ce que votre ventre
au paysage ancien
qui se dédore avec l'aurore
je chante une morte
dans tous les temps
une morte du temps
morte de n'avoir pas chanté
je chante une morte
sans voix
morte l'espace
d'un cri
je chante
le cri de la morte
je chante
la morte sans cri
je chante
doucement
pour ne pas éveiller
le temps qui l'emporte
je chante le moment
de sa mort
toujours pour revivre
avec elle les noces
pour toi
enfant du moindre murmure
ma voix isole la voix
le temps de mon cri
le temps d'aimer dans ton corps
pour toi
j'ai chanté la terza rima
qui ne rime que dans ton rire
le temps d'aimer dans ton corps
pour toi
je cisèle mes propres mœurs
aux reflets de tes saillies
je module le nom
que j'aime dans ton corps
pour toi
je m'enivre de toi
je tais mon cri
dans mon murmure d'enfant
le temps de t'aimer dans ton corps
o qu'un seul de tes cris me résume
chère enfant qui sommeille où je dors
o que la nuit dans l'âge nous sépare du sol où tu naquis
que je recrée au paysage gravé dans la pierre
mon regard s'y attarde-t-il d'incréer la mémoire
o qu'un seul de tes cris me résume
que ma cendre éparpille l'histoire
tout mon nom se suspend à ton cri
où je dors dans la pierre grave d'un paysage
o chère enfant qui sommeille
aide mon ennui
qu'il se résume au seul mal où je m'éveille seul
importun au paysage qui m'entoure
et qui couronne ton sommeil d'une muette couronne de pierre
lourde
lourde immobilité
qu'elle étage
où je m'ennuie
race vaincue
meurs de t'immobiliser
dans mon destin
meurs de me destiner ton immobilité
mon œil remue
l'eau de ton nom
je suis pareille
à cette main
je brise l'œil
où il se nomme
je nomme l'œil
où il se brise
mon œil remue
l'eau de ton nom
j'onde la lettre
d'un pur contour
qui la déserte
sur l'autre rive
je suis la main
qui nomme l'onde
je suis la même
sur l'autre rive
o je suis l'autre
où je te brise
mon œil remue
l'eau de nom
je suis le nom
du lendemain
où l'eau se brise
avec le nom
je suis la rive
qui te déserte
je suis le nom
de ton désert
je suis l'amour
qui te déserte
mon nom remue
l'œil de ton nom
je nomme l'eau
où elle se brise
je brise l'eau
où elle se nomme
mon sexe branle
dans la mémoire défunte
le soir est seul
qui se souvient
de la dernière instance
nul vent
ne remue
le suspens
de tes yeux
qu'on enterre là-bas
dans un dernier salut
o ma mort
la tienne si je vis
que n'as-tu soulevé ce masque
sur les yeux que regarde le temps
o ma mort
pourquoi ce rire dans le masque
pourquoi ce masque
dans le temps qui ne changera pas
ma mort o ma mort o par quel changement
le lieu qui t'a élue respire
au regard qui s'éloigne
croît avec sa mort
je ne suis pas le geôlier
qui importune la lecture
du livre que je garde
de la clé qui ne l'ouvrira pas
o captive du seuil
où ton regard enclot
la moindre de mes apparitions
au moment que je m'ouvre
le temps a espacé nos rencontres
je suis l'enceinte non gardée
où nul rayon ne purule
o morte qui regarde la fleur qui manque à mon bouquet
qui juge
qui renonce au bouquet
d'entre ces lacs perdus pour jamais
qui a renoncé au repos d'un bouquet défloré
peut-être n'as-tu pas chanté les juges sang et gloire
le guerrier du sang même
que ne recueille pas la conque de tes mains en moi
o pleure
dormeuse immémorable
dès hier pleure demain
le présent oublié
quelle perdition dans les parages du beau
courons nus entre ces lacs
aimer la pureté adamantine des corps perdus à jamais
o jamais plus les aimerons
dans l'écorce purulente de la maladie
si tout le cœur renonce au bouquet qu'elle dépose
sœur inimitée que l'idée partage avec le désir
ceci n'est que le trompe-l'œil
de l'œuvre au passage des morts qu'elle déterre
c'est la réponse emblématique
de qui passe avec les morts qu'il emporte
surtout
c'est la question de qui s'arrête pour coucher avec les morts
ce feu qui est mort
parce que je l'ai tué
est-ce l'eau désertée
aux mains qu'elle n'a pas mouillées
le feu est mort
si c'est lui le feu
dans la grande instance
de l'art qui le calcine
peut-être la lumière arrêtée
dans le moment le plus long
d'une ombre plus blanche
à l'innerver demain
le feu n'est pas mort de mourir
peut-être de brûler
le dernier grimoire
qu'il n'a pas saisi au vol des cendres
voici la femme
que j'ai oublié d'aimer
la femme qui n'a pas saigné
la femme terrifiée
aux couleurs de la couleur dans la cendre
peut-être l'aimes-tu
toi qui ne l'oublies pas
ou qui te consoles de ses cendres
au vent
au vent répandues
répandues
peut-être la compagne du dragon
qui brûle d'une eau immobile
dans la célérité des voyages
la femme que le nom oublie de nommer
aura saigné d'un autre sang
la mort chérie
à ton cou dédoré
s'y noue par la même vertu
qu'hulule un sage pervers
qu'il boira au sang redescendu
tout bas très haut
d'éterniser la chevelure perlée
la mort chérie
même au songe qui la déserte
se souvient-il que c'est le mélange
dent-de-dragon semée au promontoire
et renaîtra-t-elle une chose ici
la mort chérie
si la blanche dans l'or se dénoue
par le sable qui la vente peut-être aimée
la mort chérie
comme le fruit qu'éclate
un jus ensoleillé par ton ventre
et l'arbre qui s'y renoue
la mort au changement qui ne saigne pas
bien après ce sommeil
où je dors
lui très haut
beau
exactitude vénérée
à l'onde de ses grands cheveux d'argent
la lumière du milieu
son œil ciselé au bleu
sa lèvre d'or sur l'orient
rubis que supporte le sol
ou qu'enlève le ciel
sinon que sa main la détienne
la clé
c'est là que son âge déflore la matière
"la terre
comme le ciel
et le ciel
comme la terre
où la chose est chose que j'authentique
et comme toute chose naît de l'unique
je dispose l'unique où la chose le nie
telle la lune
endolorie au rayon qui l'éclaire
et que le vent me porte
s'énonce le sol qui me résume"
j'ai dit que le soleil achève l'inadapté
dès le réveil
chaque rayon infiltre le vert
mais l'échec se situe au moment du dernier rayon
où je constate qu'il se calcine
et s'enchaîne avec ce qui est de l'or
ou n'est que le temps du temps perdu
quel est le jour qui indispose la grille du sommeil
peut-être celui du sommeil même
comme la clé où je ne lis qu'une heure
il ne manque qu'un jour parmi les ans
alors peut-être son image renaît-elle
que je vois sans me voir
le point où la rencontre est une poignée de terre
je t'aime d'amour
je t'aime m'amour
l'amour aimons
qui aime d'amour
je meurs d'amour
je meurs m'amour
tu meurs de mort
tu meurs ma mort
de mort mourrons
qui meurt d'amour
de mort aimons
qui aime l'amour
je t'aime ma mort
je meurs d'aimer
1969-Alua-1975